Blog

  • De Donauwörth à Ulm, jour 18 (90 kilomètres)

    Le petit déjeuner n’est pas très consistant (une des rares fois où le nombre de pains et l’accompagnement étaient limité), et nous quittons donc assez rapidement notre hébergement du jour. Il ne restera pas dans les souvenirs comme étant un endroit à recommander. On commence par prendre quelques photos de la ville, que nous n’avions pas pu photographier la veille du fait de la pluie. Nous savions cependant que cette étape serait la plus longue du voyage du fait du retard pris la veille, alors on ne traîne pas trop.

    La grande rue de Donauwörth
    La grande rue de Donauwörth
    La porte d'entrée de la ville
    La porte d’entrée de la ville

     

    Le début du trajet se fait sur de la petite route, avec très peu de voitures. C’est assez joli et nous avançons bien. On croise quelques pancartes de protestation, il semblerait que les autorités songent à déplacer une partie de la population pour faire une zone inondable quand le Danube monte trop. C’est en effet très plat, et très peu dense, probablement idéal donc pour ce genre de projets (quand on est pas habitant).

    On arrive au château d’Höchstädt vers 10 heures en ayant déjà fait une trentaine de kilomètres (un tiers !). Comme on commence à avoir faim, le paquet de graines importé depuis la France et qui avait fait pas mal de chemin est enfin mis à contribution. La traversée de la ville est ensuite un peu compliquée car la route est coupée par des travaux. Mais on arrive à s’en sortir. Probablement un peu perturbés, on rate le premier raccourci que nous voulions prendre par rapport à l’itinéraire officiel ce qui nous rajoute 3 kilomètres par rapport à nos prévisions. Mais comme le chemin est sympa, on ne se plaindra pas !

     

    Le château d'Höchstadt
    Le château d’Höchstadt

    Le chemin prévu tout comme le chemin pris convergent à Dillingen, une jolie petite ville que nous explorons un peu. Elle n’a pas été abîmée par la seconde guerre mondiale, et les beaux bâtiments sont très nombreux. La basilique Saint-Pierre notamment est très jolie, y compris à l’intérieur. Par contre, on ne trouve rien à manger à emporter. Ce n’est finalement pas très grave : comme il fait relativement froid, nous décidons de trouver un restaurant pour se mettre au chaud un peu plus tard sur la route.

    La basilique Saint-Pierre, vue interne
    La basilique Saint-Pierre, vue interne

    Ce sera fait à Lauingen (rejointe par un raccourci que nous n’avons pas raté cette fois), dont on ne retiendra pas grand chose hormis le Rathaus. On mange dans un restaurant italien, qui nous permet de nous restaurer à notre faim et de nous réchauffer un peu. En terrasse, un groupe de « cyclistes » allemands carbure à la bière.

    Le beau Rathaus. On a mangé à son pied, sur la gauche.
    Le beau Rathaus. On a mangé à son pied, sur la gauche.

    Durant l’après-midi, on fait moins de visites et on fait surtout du pédalage efficace. On avait choisi de rester sur la rive nord du Danube, très peu peuplée à cet endroit mais dont le trajet cyclable est beaucoup plus plat. Les collines que nous voyons depuis notre rive confirment que c’était une bonne idée ! Le plan était vraiment très peu engageant, surtout vu la durée de l’étape. De notre côté, ça roule bien, au vert et toujours avec la même température un peu fraîche. On traverse ensuite une forêt. Puis un peu de civilisation. Puis on arrive (enfin ?) dans la banlieue de Ulm. On cherche un café, sans grand succès jusqu’à Thalfingen, soit à 8 kilomètres de l’objectif environ.

    On y reste un peu en buvant un chocolat chaud le temps de se synchroniser avec nos hôtes du soir. Nous dormons en effet pour la première fois non pas en pension, chambre d’hôte ou hôtel, mais chez une cousine de Juliette émigrée à Ulm. Une fois cette synchronisation effectuée (et nos petits pieds réchauffés, il faut bien l’avouer) nous terminons rapidement le trajet, en traversant notamment un grand parc juste avant Ulm. Très fréquenté, mais la séparation entre les chemins cyclables et les chemins piétons simplifie tout de même énormément la vie !

    Le soir, nous sortons un peu nous promener et voir le quartier des pêcheurs d’Ulm, ainsi que la cathédrale (elle est tellement haute qu’on a l’impression qu’elle nous tombe dessus quand on la regarde). On ne traîne cependant pas trop, car on est quand même un peu crevé de ces 90 kilomètres, surtout après les journées précédentes qui n’étaient déjà pas de tout repos.

    L'hôtel le plus penché du monde, il paraît. C'est en tout cas vraiment pas droit.
    L’hôtel le plus penché du monde, il paraît. C’est en tout cas vraiment pas droit.
  • De Großmehring à Donauwörth, jour 17 (70 km)

    Ça y est, la pluie est arrivée. Et l’orage avec. On est réveillé à 7h30 par la pluie et le tonnerre. C’est toujours étrange un orage le matin. Nous attendons que la pluie cesse pour partir. Cela nous met déjà pas mal en retard pour l’étape que nous souhaitions faire.

    image
    Ingolstadt sous la pluie

    Notre première pause n’est pas très loin. Il ne nous fallait qu’une dizaine de kilomètres pour atteindre Ingolstadt, une petite ville fortifiée. Nous nous y arrêtons pour prendre des victuailles pour le déjeuner. C’est en repartant que nous nous rendons compte que le pneu arrière est à plat. Manque de pot, midi vient de sonner et les magasins de vélo viennent de fermer pour la pause méridienne. Nous avons tout de même de la chance d’en trouver un qui laisse une pompe avec compresseur et manomètre à disposition. La valve était à moitié ouverte. Avait-on oublié de bien refermer la dernière fois ? Le manomètre ne redescend pas une fois le pneu gonflé à 5 bars. Nous repartons.

    image
    Le château de chasse près de Neuburg

    Nous sommes à présent sur la rive sud du Danube. La piste n’est pas très praticable avec les fortes pluies du matin et de la nuit. Les passages de gadoue sont pénibles mais assez brefs, heureusement. Nous passons devant un très joli château de chasse, pas visitable. Nous nous y serions volontiers arrêtés pour déjeuner, si l’endroit n’était pas aussi infesté de moustiques. Nous nous arrêtons donc à Neuburg, en territoire humain.

    image
    Ancien temple romain sur notre route

    La météo de l’après-midi est encore humide et couverte. Nous avons un passage de 6 km pénible sur une grosse route avec de la circulation très rapide, pour échaper à 7 km de boue qui nous rallentit trop. Quelques côtes nous pimentent l’après-midi. Une rencontre avec un cycliste nous égaie alors. Il nous saute presque dessus pour nous parler et examiner notre vélo : il est lui-même propriétaire d’un vieux Pino et voulait regarder les améliorations apportées depuis. Il nous raconte un peu sa vie, nous pose pas mal de questions sur notre voyage, nous rassure sur la suite de l’étape et celle du lendemain. C’était vraiment très sympa.

    image
    Encore un arbre de mai, dans un autre style

    Nous atteignons assez tardivement Donauwörth, où nous séjournons dans une auberge tenue par un croate aimable comme un gardien de prison. La chambre est spacieuse, bien que désuète. Je constate encore quelques blessures de guerre contre les moustiques. Le repos nous fait beaucoup de bien après cette étape.

    image
    Porte et pont de Donauwörth

  • De Regensburg à Großmehring, jour 16 (87 kilomètres)

    Le petit déjeuner de notre superbe hôtel Ibis budget est sans surprise, ce qui est une très bonne nouvelle. Nous avons tranquillement pu terminer de nous ré-hydrater après la dure journée de la veille. Le vélo est également toujours là, j’avais eu quelques craintes sur leur système d’attache le soir.

    Il nous faut retraverser presque entièrement Regensburg, ce qui rajoute déjà quelques kilomètres. Le trajet est ensuite très calme jusqu’à Kelheim.

    image
    La piste un peu après Regensburg

    On s’arrête dans cette ville pour manger. Il fait une température torride. Si le matin était couvert, il ne reste plus aucun nuage et le soleil tape fort. Ça tombe bien, on a désormais un trajet en bateau quasi-obligatoire, de quoi continuer à se faire bronzer.

    Comme on a pas le bateau tout de suite, vu la température, et vu les kilomètres supplémentaires de Regensburg, nous décidons de ne pas aller jusqu’à Ingolstadt comme nous avions prévu mais de s’arrêter 10 kilomètres avant.

    Le trajet en bateau est estival, mais permet de jolies vues. Tout d’abord sur le monument à la mémoire de la libération de la Bavière (quand ils ont viré Napoléon), puis sur les magnifiques falaises du coin (celles qui empêchent les vélos de passer). Le trajet se termine devant un monastère, objectif de 98% des touristes du navire. Nous, on continuera tout droit.

    image
    Au fond, le monument de la libération après Napoléon
    image
    Il y avait des sacrées falaises
    image
    Le monastère, terminus.

    Comme le Danube continue de longer quelques falaises ensuite, le chemin éloigne un peu de son lit et nous avons la première longue montée du voyage. Puis une seconde. On souffre un peu, mais on est monté. L’avantage c’est que ça redescend ensuite !

    Le dernier tiers du trajet suit des digues, le plus souvent le long de petits cours d’eau affluents. C’est un peu monotone à force.

    La chaleur est toujours très forte, et nous tombons à court d’eau 7 kilomètres avant Vohburg. Ça nous a fait du bien d’y arriver pour prendre une glace et recharger une gourde.

    image
    Plein de pompiers partout.
    image
    La porte de la ville
    image
    Comme personne a trouvé, on retente dicrètement l'énigme d'hier. C'est quoi ?

    On a profité dans cette petite ville de la fête des pompiers volontaires de Bavière qui y était organisé. Ils avaient sorti le grand jeu. On a bien discuté avec un type du coin, probablement membre du conseil municipal.

    La fin de trajet reprend sur une digue, mais du vrai Danube cette fois. On voit de l’autre côté des centres industriels.
    On arrive un peu tard à la pension, bien fourbus. Elle est grande comme un hôtel et compte une vingtaine de chambres. On attend l’orage sur la terrasse d’un restaurant grec, mais il ne vient pas. On se couchera dans un air très lourd.

    image
    On aime bien les bras de la tour à gauche
  • De la fournaise au Walhalla, jour 15 (84 km) 

    Nous partons donc de Mariaposching sous un soleil déjà cuisant (il n’est que 9h15, ça promet). La route est encore sympathique, si ce n’est qu’on ne voit pas autant le Danube qu’on ne le voudrait, étant souvent derrière une digue. Avec autant de digues, ça ne m’étonne pas trop qu’ils récupèrent des inondations historiques en aval.

    image
    Devinette : qu'est-ce que c'est ?

    La distance que nous parcourons le matin est de plus en plus importante, de manière à essayer de profiter de températures un peu plus clémentes. Nous faisons donc environ 45 km avant de déjeuner à Wörth. Le désespoir faillit nous atteindre lorsque nous faisons tout le tour du village et que nous ne trouvons que des restaurants fermés, 3 boulangeries fermées et la seule étant ouverte n’ayant plus de sandwichs (il est samedi midi !). Finalement nous trouvons une gasthof ouverte avec des plats particulièrement savoureux.

    image
    Wörth où nous déjeunons

    Nous repartons sous le cagnard, jusqu’à atteindre vers 15h le Walhalla. Il s’agit d’un bâtiment pompier construit par Louis 1er de Bavière comme monument aux personnalités importantes de la civilisation allemande. Une sorte de petit Panthéon sans les sépultures. L’endroit est pariculièrement touristique, du fait de la proximité à Ratisbonne, d’où les gens peuvent prendre le bateau pour venir (10 km).

    image
    Le Walhalla

    image
    Les bustes des grands hommes de la civilisation allemande (pas beaucoup de femmes là non plus, mais quelques unes)
    image
    Louis 1er de Bavière en César moustachu (il n'avait probablement pas appris que seuls les barbares portaient la barbe ou la moustache, d'où leur nom)

    Nous repartons pour Ratisbonne, où nous n’avons pu trouver d’hébergement dans le centre. Les deux festivals organisés en même temps dans la ville sont probablement à l’origine de cette raréfaction des chambres (le color festival et le mundart festival). Nous avons donc dû nous rabattre sur un hôtel ibis budget de bord d’autoroute et inverser la visite de la ville et le dépot des sacoches/douche à l’hotel.

    image
    Le pont de pierre de Ratisbonne, en travaux

    image
    Vue depuis le pont de pierre
    image
    Autre vue depuis le pont de pierre
    image
    Cathédrale de Ratisbonne

    La ville de Ratisbonne (Regensburg en allemand) est assez jolie. Le fameux pont à 16 arches, plus vieux d’Allemagne est malheureusement en rénovation, mais le reste est tout de même sympa. Nous dînons dans un biergarten entre le Danube et le Regen (rivière qui donne son nom à la ville) et ils ont même le bon goût de brasser leur bière et de proposer des portions super copieuses.

    image
    L'assiette de jambon : de quoi rassasier son homme

    Nous faisons les quelques kilomètres restants jusqu’à l’hôtel en croisant quelques martiens qui rentrent du color festival.

  • De Passau à Mariaposching, jour 14 (71 kilomètres)

    Après le petit déjeuner et avoir réglé les formalités habituelles, nous commençons la journée par un passage à la poste. Nous envoyons vers la France un colis contenant nos affaires qui n’ont pas encore été une seule fois utile, et qui ne le serons donc jamais. Comme il y a pas mal de queue, on part un peu plus tard que prévu.

    Le départ depuis Passau n’est pas très joli. Ça s’arrange quand on change de rive en passant sur un drôle de barrage.

    image
    Un barrage rouge, c’est pas banal
    Des passages sont très beaux, avec du chemin stabilisé (ce qui change un peu du bitume parfait, finalement). On longe le Danube et ses quelques îles protégées.

    L’après-midi, nous passons devant un lac et décidons de tenter de faire un plouf. Juliette va vérifier la température de l’eau en plongeant pendant que je surveille courageusement le tandem. Après mon propre plongeon, je peux confirmer que la surface de l’eau était à la bonne température mais que ça refroidissait très vite.

    image
    Il fallait bien une personne pour tenir l’appareil photo. C’était moi
    Après cette pause, un passage longe l’autoroute. On se rapproche de Deggendorf, sans s’y arrêter. La suite est très bien. Le guide signalait un passage sur route, mais en réalité une nouvelle piste permet de pédaler sur du stabilisé. On arrive à destination vers 16h15. Il a fait chaud. Un peu trop parfois.

    image
    On a longé ça ensuite. Photo prise en roulant
    Le soir, il n’y a rien à manger sur place. Le petit bar avec un barbecue fermait à 18 heures. Nous pédalons donc vers le village à côté, et dînons tranquillement là-bas. C’était un petit restaurant, servant également de bar du coin. Quelques habitués sont arrivés en vélo, ils avaient à peine le temps d’accrocher le vélo que leurs bières étaient déjà à les attendre sur la table. L’un d’entre eux est resté complètement bloqué à la vision du tandem, et cela lui redonnait un peu le sourire. Il s’est levé pour nous voir partir, tellement qu’il était interessé par le fonctionnement. Il n’avait probablement pas osé nous aborder.

  • Jour de repos à Passau, jour 13

    Nous restons une journée à Passau pour régler notre laver nos vêtements et faire du tourisme. Cela tombe d’autant mieux que la chaleur est de plus en plus forte. Mais petits insouciants que nous sommes, nous n’avions pas vérifié les jours fériés avant de partir (la prochaine fois : penser à regarder ça). Nous nous retrouvons donc ici avec la plupart des commerces fermés pour cause de Fête-Dieu. Personnellement, je ne connaissais pas, bien que cela se fête également encore à quelques endroits en France (selon wikipedia). Dans chaque ville/village il y a une procession, avec des branches de bouleau installées un peu partout, et un tapis de fleurs du genre mandala devant l’église. Nous n’y sommes pas allés : la laverie auomatique était assez loin et les programmes assez longs.

    image
    Les branches de bouleau pour la Fête-Dieu

    image
    Tapis de fleurs

    image
    Le Dom

    Une fois cette besogne accomplie, nous montons au château-Burg (pas château-Schloss, le Burg étant fortifié) pour profiter d’une vue imprenable sur Passau. On a cuit. Mais cela valait le coup. En particulier, on pouvait très bien observer les différentes couleurs des trois rivières. Ils racontent ici que l’Ilz est noire à cause des cultures de perles (ça fait du noir ça ?), que l’Inn est verte à cause de la fonte des glaciers, et que le Danube est bleu (sans explication). En tout cas, cela se voit bien d’en haut.

    image
    Serait-ce la muraille de Chine ?

    image
    Non, c'est le Burg de Passau

    image
    Les trois couleurs des trois rivières

    image
    La vue depuis le Burg

    On redescend profiter d’une glace au meilleur glacier de Passau selon notre hôte bien bavarde et se promener dans le centre historique. C’est vraiment très joli et très coloré, mais la raison n’est pas très gaie. Tout a été refait après l’inondation de 2013. Et quand on voit les inscriptions un peu partout du niveau que l’eau avait atteint, cela fait froid dans le dos. L’hôtel dans lequel on était était complétement inondé jusqu’au premier demi-étage. Les maisons plus près des quais avaient même perdu le deuxième étage. Notre hôte était complètement choquée : elle comptait les années en prenant l’inondation comme référence. Pour tout, y compris le décès de son époux. Une véritable catastrophe. Plus possible de se faire assurer les habitations depuis. Pas à un prix décent. Heureusement, la ville a financé 80% des rénovations. Donc aujourd’hui, deux années plus tard, c’est quasiment tout refait.

  • Des trois ferry aux trois rivières, jour 12 (69 kilomètres)

    Le petit déjeuner dans ce qui sera notre dernière chambre d’hôte autrichienne se passe très bien. Notre hôte est un peu bavarde (pour une autrichienne !). Une fois de plus, l’hébergement est juste à côté de la piste et nous pouvons partir très vite. Comme la vague de chaleur arrive, nous avions l’intention de faire un maximum de kilomètres le matin.

    On est cependant rapidement arrêtés : nous le savions, la piste cyclable s’arrête devant une falaise et la seule solution pour aller plus loin est de prendre un petit ferry. Un poste radio est disposé à la fin de la piste, car le bateau ne vient qu’à la demande. Et encore ! Il nous a fallu attendre 20 minutes car nous étions les seules voyageurs et que c’était trop peu pour lui.

    image
    Le système radio pour appeler le ferry

    image
    Le pino tient bien tout seul, mais on sait jamais

    Du fait de ce ferry et du suivant à venir, la piste est très très calme. Les autres vélos utilisent surtout l’autre côté du fleuve.
    Nous devons en effet prendre un autre ferry peu de temps après, pour la même raison. La route s’arrête. Hélas, le ferry habituel que nous avions prévus ne fonctionne pas encore. Il aurait permis de rester sur la même rive, là nous arrivons sur la rive sud.

    image
    Cette fois, c'est une cloche !

    Nous pédalons donc de nouveaux jusqu’au ferry suivant, afin de retourner sur la rive nord et reprendre le chemin qui semble si joli sur la carte (et qui l’était). Pour la petite histoire, on n’a pas eu besoin de l’appeler, mais pour celui là un marteau était disponible pour faire du bruit.

    Nous nous arrêtons pour manger dans un radlertreff (un bistrot pour cyclistes), pour ce qui sera notre dernier repas en autriche. Nous passons en effet peu après la frontière et rentrons dans la grande bavière. C’est à cette occasion que nous trouvons un énorme trèfle.

    image
    La frontière. Pas de panneau d'entrée en Allemagne. Seulement en Bavière
    image
    Trop gros pour l'emporter celui là

    Quitter l’autriche, c’est quitter les meilleures pistes cyclables que nous connaissons pour le moment. Si l’ensemble du trajet entre la frontière et Passau était pas mal, le trajet allemand comporte déjà des portions très peu agréables. Notre hôte du soir (très très bavarde) nous confirmera que cette portion est un peu un scandale en comparaison de la partie autrichienne. Ils profitent de la réputation du trajet et du tourisme sans faire les efforts qui vont avec.

    image
    On a aussi croisé des vikings !

    Une fois le logement trouvé et les bagages posés, nous partons à la découverte de passau, la ville aux trois rivières : le Danube, l’Inn, et l’Ilz. Elles se rejoignent toutes les trois à la pointe de la ville. L’Ilz ne compte pas pour beaucoup, mais l’Inn est aussi grand que le Danube et nous allons donc voir le Danube rétrécir fortement après Passau.

    Nous décidons aussi de rester un autre jour à Passau, pour visiter la ville et faire un peu de logistique (une lessive devenait nécessaire).

    image
    Entrée à Passau, on voit deux fleuves sur cette photo
  • De Walsee à Aschach, jour 11 (78 km)

    Nous nous réveillons avec le meilleur petit-déjeuner du voyage, et le plus diversifié. Cela nous booste jusqu’au premier kilomètre, où l’on nous fait signe que le barrage que nous voulions traverser est fermé pendant une heure pour travaux. Finalement, un type des travaux nous aide à passer. Pour l’anecdote sexiste, à chaque fois que je suis devant, on pense que je me fais promener par mon homme, alors que s’il est devant, c’est qu’il doit s’agir d’un handicapé. Ah bah oui !

    La partie qui suit est encore très agréable, sur une belle piste cyclable en amont du barrage. Nous remontons jusqu’à Mauthausen, où nous faisons un détour pour aller voir l’ancien camp de concentration, avec une montée encore très dure.

    L’endroit est sinistre, sans surprise. Il reste encore toute l’enceinte, quelques barraques en bois dans lesquelles les prisonniers dormaient, et les bâtiments en dur. A la place des autres barraques, il y a des tombes et des monuments de différentes nations. Un petit musée explique l’histoire de cet endroit, qui était au début spécialisé dans les prisonniers politiques. Nous sommes particulièrement frappés par le fait que contrairement à l’Allemagne, plusieurs têtes nazies n’aient pas été inquiétées malgré les crimes perpétrés. Dont le médecin du camp qui a achevé par la suite sa thèse de médecine et a exercé toute la suite de sa carrière. 

    Nous quittons ce funeste endroit pour revenir sur la piste le long du Danube. Nous traversons Linz sans nous y arrêter, voulant pousser un peu plus loin de manière à arriver à Passau le lendemain.

    Après avoir encore traversé une belle plaine maraichère, nous arrivons à Aschach, ou plutôt en face à Oberlandshaag, chez l’autrichienne la plus chaleureuse que nous ayions croisée (elle nous a parlé !).

  • De Melk à Wallsee, jour 10 (69 kilomètres)

    Nous partons un peu reposés grâce à notre journée de visite la veille. Comme la pension est vraiment le long de la piste cyclable, on ne perd vraiment pas de temps avant de repartir sur l’EV6.

    Notre premier objectif est de rejoindre le réparateur de vélo à Pöchlarn, situé à une grosse douzaine de kilomètres. Entre temps, il faut toujours que le conducteur pense à contrôler quand ça frotte.

    Le réparateur est complètement incompréhensible quand il parle, mais il nous comprend plutôt pas mal et tente une première fois de corriger le problème. Nous pensons que c’est bon (après quelques tests seul sur vélo). Malheureusement, des tests un peu plus durs à deux font réapparaître le problème.

    Nous y retournons, et après un peu d’attente car il avait une cliente avec un rendez-vous (un peu bavarde d’ailleurs, et compréhensible), il démonte entièrement le frein. Il nettoie le tout, refait les réglages, et nous dit à la fin qu’il a fait son possible. Si ça continue ou s’aggrave, il nous conseille un revendeur à Grein, un peu en aval.

    Nous repartons donc, et ça s’annonce bien ! Plus de bruits, même en freinant fort. Nous sommes très contents et pédalons très vite jusqu’au repas du midi. Je n’ai pas réussi à faire accepter au réparateur un peu d’argent pour le temps qu’il a passé dessus.

    Après ça, rien de bien notable dans la journée. Il y a de très beaux paysages, j’ai failli perdre mes lunettes de soleil après une pause, et nous avons finalement pris quasiment aucune photo de cette journée. J’en met tout de même :

    image
    Le château de Wallsee

    Il est à noter que Wallsee est une ville un peu bizarre, relativement étalée, avec beaucoup de maisons neuves construites par des architectes. La ville semble très riche. Notre chambre d’hôte était également assez particulière, nous dormions chez un vendeur de décorations de jardins (statues, nains de jardins, …). On a regardé deux fois avant d’être certain d’être au bon endroit.

  • Jour de repos à Melk, jour 9 (25 km)

    Nous profitons donc de la journée de relache pour faire un peu de tourisme. La région du Danube que l’on vient de paser, entre Melk et Krems, et qui s’appelle la Wachau, est en effet particulièrement belle et donc touristique.

    Le matin, nous visitons l’abbaye de Melk. Elle est d’un style baroque parfait (extérieur et intérieur), ce qui est étonnant pour un bâtiment de cette taille. L’abbaye est toujours en fonction, avec une trentaine de moines de l’ordre des bénédictins. Ils gèrent en particulier un lycée de 800 élèves. Florent était un peu surpris par la tonalité évangélisatrice de l’exposition, ce qui m’a moins étonnée puisque l’abbaye est toujours en fonction. Et puis ils ont une relique de la vraie croix !

    image
    Cour intérieure de l'Abbaye avec une femme habillée en bavaroise

    image
    Une des salles intérieures
    image
    La chapelle de l'abbaye

    En fait, ce qui explique la taille de cette abbaye pour une si petite ville (5000 habitants) c’est son ancienne appartenance à la famille Babenberg, qui tenait la Marche de l’Est, avant que la famille ne change de résidence pour Vienne. Par la suite, elle eu plus ou moins de prestige et de pouvoir, la deuxième période de gloire était au XIXe siècle, où elle devint un joyau de la contre-réforme. C’est à ce moment qu’elle acquit en 40 ans sa forme actuelle.

    image
    Melk, la partie peuplée

    image
    Le petit potager méditerranéen, selon la règle de Saint Benoît

    L’après-midi, nous allons au château de Aggsberg, le premier château/ruine visitable sur la rive droite (que nous n’avions pas prise la veille). Il y a bien un château plus proche de Melk, mais ne se visite pas, au grand dam de Florent.

    image
    C'est encore une propriété privée !

    Nous faisons donc 12 km de vélo, légers comme le vent (sans les sacoches). Puis les 2 km restants à pieds, la pente à 20% n’étant définitivement pas à notre portée.

    image
    Vraiment 20% ! Les cars doivent appeler pour être sûrs de ne pas croiser d'autres cars dans la montée

    Après une montée sévère, nous arrivons à un superbe panorama bien mérité sur la Wachau. L’ensemble a un petit goût de suisse saxonne, je trouve, avec cette forteresse bâtie au sommet et dans le gypse. Après avoir visité l’ensemble, récemment rénové grâce aux sous de l’Union Européenne (le site ne se visite que depuis 2004), nous assistons à une scène assez curieuse : l’arrivée de passagers d’une croisière avec le tout organisé. Pour résumer, à l’arrivée de l’autocar (qui s’est d’ailleurs fait la côte à 20%), les serveurs du café se mettent tout en branle pour pouvoir accueillir et servir tout ces touristes. Quatres personnes déguisés en gardes moyen-âgeux font une mise en scène d’ouverture de l’entrée. Un guitariste et un chanteur se mettent à entonner un “gentille alouette” puis un “New-York New-York”. On s’enfuit, assez goguenard. Le tourisme en groupe organisé n’est vraiment pas pour nous.

    image
    Ca ressemble vraiment à la Suisse saxonne

    image
    Le château d'Aggsberg, d'en haut
    image
    D'en bas

    Et pour finir la journée avec classe, j’ai cueilli un trèfle à quatre feuilles “à la Florent”, c’est-à-dire comme ça, zoupla, en marchant, je me baisse et je cueille. J’étais très fière !

    image
    La preuve !