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  • Jour 5 – En attendant le retour du soleil à Arc-et-Senans

    Le mauvais temps nous rattrape et la pluie tombe en trombes pendant la nuit et encore le matin. Nous apprécions d’avoir au moins doublé voire triplé la surface au sol par rapport à notre précédente tente, mais cela reste exiguë pour tenir plusieurs heures dessous. En tout cas, cela ne gêne pas le moins du monde Colin qui profite de cette matinée pour faire une sieste digne de ce nom (pas balloté par monts et vaux par ses parents). 

    Pas de soucis de rester toute la matinée dans la tente

    Finalement le temps se calme dans l’après midi, nous décidons donc de rester une nuit de plus ici, d’autant que le camping est très agréable et que nous pouvons en profiter pour visiter la saline royale qui fait la réputation des lieux.

    Cette saline royale a été inaugurée sous Louis XV, un siècle après le rattachement de la Franche Comté au royaume de France, sous la direction de l’architecte Jean-Baptiste Ledoux. Le bonhomme était dans la force de sa carrière et pouvait se permettre de réaliser ses conceptions assez innovantes. On aboutit à un édifice assez vaste et moderne pour l’époque où toute la communauté de production de la saline vivait ensemble selon des règles bien définies. Il paraît selon notre guide, que l’édifice interpellait beaucoup et faisait railler les cours de l’époque, étant donné le luxe de l’édifice construit pour héberger et faire travailler des culs terreux. Il faut bien reconnaître que c’est assez classe.

    Et ce n’est que l’entrée !

    Pendant toute cette belle visite (nous sommes très bien tombés, on peut avoir le meilleur comme le pire sur les visites guidées), nous avons du toutefois gérer la petite boule de nerfs de 16 mois. On comptait sur la sieste de l’après midi, mais visiblement, ce ne faisait pas l’unanimité, ou du moins le consentement du principal intéressé. Ça s’est un peu calmé avec la visites des jardins, qui avaient pour thème Tintin pour cette année. C’était très réussi, bien que nous ne sommes pas fans d’Hergé.

    Une partie de l’intérieur
    Les jardins avec un thème par personnage de Tintin

    Sur le retour nous nous sommes rendus compte de l’existence d’un réparateur-vendeur de vélos (pas du tout référencé sur Internet, notamment absent des cartes d’openstreetmap), et je suis donc par la suite allée faire la visite pour changer la chambre à air arrière. Il a même trouvé la minuscule épine dans le pneu, certainement à l’origine de ce dégonflement lent. 

    Deuxième et dernière nuit dans ce camping, également sous la pluie, plus sereins par rapport au vélo.

  • Jour 4 – De Besançon à Arc et Senans (65 kilomètres)

    On mange rapidement notre petit déjeuner à base de restes, et nous ne nous attardons pas au camping de Besançon. On repasse encore une fois par la portion de nationale que je n’aime pas du tout. Ensuite ça roule plutôt bien, mais nous avons des inquiétudes sur la roue arrière de nouveau dégonflée.

    Colin a la banane avant de repartir

    À Besançon, on coupe par le tunnel sous la forteresse. Ça change sur le paysage ! On avait prévu un arrêt chez un réparateur de vélo pour regonfler (on ne fait pas confiance à notre pompe…), mais il est fermé. C’est hélas en même temps qu’on a un premier vrai problème : Colin à vomi une grande quantité dans sa charette. Il va bien (il vomit aussi en voiture), mais les dégâts sont impressionnants. On nettoie comme on peut. Et on déprime sur notre roue arrière.

    Au revoir belle forteresse

    Heureusement, une fois reparti, on repère par hasard un vendeur/loueur de motos et autres objets mécaniques (jet Sky, trottinettes…). Le vendeur est super sympa, regonfle le pneu et nous offre un café. Il est plus de 11h, et nous avons fait 12 kilomètres seulement.

    Il fait super beau, et la moyenne augmente avec un pneu gonflé. On a un peu moins le vent dans le nez aussi. Pour manger c’est plus compliqué, les stocks sont vides et toujours pas de snacks sur la route… On quitte la véloroute à Montferrand le château, juste après la petite chute d’eau, mais ça grimpe ! Les muscles chauffent.

    Un tunnel pour bateau, douche comprise

    En revenant ensuite sur la piste, on trouve un petit coin sympa pour manger. On voit sur le plan un robinet d’eau potable 200 mètres plus loin. C’est une écluse aménagée par voie navigable de France, et c’est super pour nettoyer la peluche de Colin et plein d’autres trucs. Et le tout avec des toilettes propres. Pas mal du tout !

    Ensuite on pédale, on pédale, et on pédale. On est en forme, et si nous avions abandonné l’idée de faire toute l’étape, on change d’avis. On prend le risque des 17 kilomètres sans camping au milieu de la forêt pour arriver à Arc et Senans. Si le début grimpe à nouveau (dur dur les mollets), globalement ça va. C’est par contre droit. Rectiligne. Une route américaine aurait plus de virages. C’est très étonnant, on voit très loin, et on se permet quelques pics de vitesse sur les petites descentes.

    Au bout de cette ligne droite, on a un magnifique panorama sur Arc et Senans, notamment sur l’arrière de la saline. C’est superbe. Quelques coups de pédales en plus et on est au camping. Et un camping super calme, on remplace la nationale par des vaches. Le personnel est super sympa, et la piscine est chaude (Colin préfère le pédiluve. Il y trempera deux couches et les vêtements et chaussures qui vont avec). On termine la journée par bières, saucisses et frites. On range par contre bien les affaires, de la pluie est annoncée.

  • Jour 3 – repos à Besançon (23 kilomètres)

    Jour 3 – repos à Besançon (23 kilomètres)

    Le camping de Besançon n’est pas vraiment à notre goût : trop de nationale, trop de voitures, trop de monde. Pourtant nous décidons d’y rester une nuit de plus pour visiter la ville et faire une première lessive. Colin en profite pour acquérir une nouvelle compétence : monter et s’assoir dans une chaise pour grands.

    Nous partons donc rejoindre la véloroute en passant à nouveau par le bout de nationale. Ce n’est pas bien terrible, mais décevant de voir qu’un itinéraire cyclable plus sécurisé ne soit pas une priorité pour les politiques locaux, loin de là. Une grosse dizaine de kilomètres séparent le camping de la ville, ce qui explique la distance parcourue pour une journée de repos. Nous faisons un petit tour en vélo dans la ville avant de poser notre monture contre un emplacement de stationnement vélo, que nous avons quelques scrupules d’occuper sur toute la longueur. 

    Nous montons à l’assaut de la citadelle. Oeuvre assez monumentale de Vauban, elle accueille maintenant quelques musées et un zoo que nous parcourons à notre grand plaisir. Colin qui est dans sa période animaux réagit très vivement et positivement. Il est tout de même partagé entre l’envie de toucher et la peur de ces bêtes qui bougent bien plus que des peluches. 

    Des chèvres dans les enceintes de Vauban

    Nous nous régalons de la vue puis de glaces et regagnons le camping pour une deuxième nuit.

  • Jour 2 – en route vers Besançon (63 km, arrêt à Chalezeule)

    Colin est toujours aussi heureux de se réveiller à nos côtés, il commence la journée avec une super banane. Entre le réveil et le départ, nous sommes un peu lents (deux heures pour tout faire), et nous prenons la résolution de préparer plus de choses le soir, et d’éviter les trajets à la boulangerie (ils étaient même pas bons les pains au chocolat…).

    Malgré ce départ tardif, on pédale à pleine vitesse. Deux heures après le départ, nous avons déjà fait 30 kilomètres. Colin à surtout dormi durant ce temps là.

    On s’arrête pour le midi à Baume-les-dames. La pluie nous rattrape à la sortie de la visite de l’abbaye, et on doit un peu jongler entre Colin qui a faim et les difficultés matérielles. La pluie s’arrête heureusement assez vite et nous mangeons des pizzas dans un parc.

    Nous repartons vers 13h, et j’ai une super idée de raccourci. C’était une très mauvaise idée : nous nous retrouvons à devoir pousser le vélo dans une pente sans fin (la descente sera chouette par contre !). Une fois les bords du Doubs retrouvés, ça se passe très normalement. On tire un peu la langue sur la fin : les muscles n’ont plus l’habitude, et le vent contraire à ralenti l’expédition toute la journée.

    Le pire reste la toute fin du voyage. Pour joindre le camping, nous devons faire 800 mètres sur une nationale à quatre voies. Il n’y a pas d’autres solutions. Pendant que nous hésitons, une autre famille nous rejoint (avec cinq vélos). Nous ferons ce tronçon ensemble.

    Le camping est grand (plus de cent emplacements) et à un accord avec la piscine extérieure voisine. On ira donc faire un petit plouf. Colin adore la pataugeoire, mais l’est est très froide et nous restons peu de temps.

    On terminé la journée par un trajet un peu dur à pieds pour aller faire des courses : rien n’est prévu pour joindre à pieds le supermarché. On passe des zones sans trottoirs.

    On se ravitaille donc de nouveau dans un hypermarché (il ne faudrait pas que ça devienne une habitude : les snacks le long de la piste nous manquent !), et on prévoit de rester deux nuits au camping. Nos muscles sont à plats, et on voudrait bien visiter Besançon le lendemain.

  • Jour 1 – De Belfort à L’Isle sur le Doubs (53 km)

    Jour 1 – De Belfort à L’Isle sur le Doubs (53 km)

    Nous nous réveillons de bonne heure avec Colin, visiblement ravi de trouver ses parents à ses côtés dès le réveil. Pains au chocolat, on se régale du début des vacances. Nous quittons le camping vers 8h et nous dirigeons vers Montbéliard par le canal de la Haute-Saône. L’itinéraire est nettement plus plat que par la gare TGV que nous avions pris à la fin de notre voyage de noces et cela n’est pas sans nous déplaire. Nous croisons beaucoup de cyclistes, qu’ils soient cyclorandonneurs, en promenade pour quelques heures ou pour la journée. Nous nous rendons vite compte qu’avec notre attelage, nous prenons un rythme plus modéré.

    Première halte à Montbéliard ou plutôt son Leclerc en proche banlieue. Il est carrément énorme, nous y trouvons ce qui nous manquait en gaz et en nourriture. Colin s’éclate sur lesplanade de l’hypermarché et découvre les grandes portes automatiques roulantes.

    Nous repartons et quittons Montbéliard sans la visiter, pressés de déjeuner dans un coin plus sympa. Le Doubs nous rejoint peu après la ville, toujours secondé par le canal à cet endroit.

    Nous gagnons le camping de l’Isle-sur-le-Doubs finalement assez tôt (à 14h, un record de fin d’étape). L’endroit est agréable, la zone sans électricité étant distincte de celle avec électricité, cela fait une séparation assez naturelle entre les camping cars et les cyclorandonneurs. Jusqu’à ce qu’une caravane d’allemands s’installe près de nous, mais assez tard. Entre temps, on aura pris quelques glaces et fait le tour de la ville (dont l’île est très jolie). Après une petite soupe, nous écrasons assez vite après cette journée de remise en jambes…

  • Jour 0 – Paris Belfort en train (10 km pédalés)

    Nous profitons des vacances pour repartir sur la route ! Notre objectif est simple : reprendre l’ev6 là où nous l’avions laissée il y a deux ans, et faire un petit tronçon qui permet de repartir facilement à Dijon en fin de semaine. La grande nouveauté par rapport à la dernière fois, c’est que nous voyageons à trois et plus à deux. Un ancien collègue de Ju nous a prêté sa remorque Thule 2 places pour les vacances. L’occasion était superbe pour Colin et nous de tester ce moyen de locomotion.

    La première journée est toujours là plus stressante : nous devons rejoindre Belfort par un moyen de transport autre que le vélo. Ça semble possible en train, mais depuis peu, la SNCF à clarifié sa politique volontariste du vélo : interdiction officielle aux tandems et aux charettes de monter à bord. Et pour rajouter un peu plus de piquant, la ligne Belfort-Paris est en travaux. Dernier détail : en fonction de notre rapidité à préparer et charger les affaires, nous ne sommes pas certains de l’horaire du train que nous pourrons prendre.

    Nous sommes moins rapides que prévus pour charger (notamment car bout de choux à sauté sa sieste du matin ce jour là…), et nous partons donc en retard. Notre petit semble heureux de prendre la charette, en très bonne compagnie.

    On traverse Paris pour aller à Gare de l’Est, en ratant le 13h12. Ça nous laisse le temps de réfléchir pour le 15h12. Premier moment de doute : le 15h12 est complet ! Mais d’après trainline en vérifiant sur Internet (ne jamais croire les bornes), il reste de la place en première. Astuce du jour : il est impossible de prendre un billet vélo et de rouler en première. Nous allons donc frauder pour le vélo…

    Une fois le détail des billets réglés, nous constatons avoir oublié l’antivol. On profite du temps libre pour aller le long du canal qui a beaucoup de boutiques cyclistes. On trouve notre bonheur et on revient (le tout dans une circulation parisienne très adaptée à notre équipage).

    Reste la question du chargement dans le train : on devra tout démonter. Le train est annoncé complet, donc peu pratique. On triche en devinant le train qui ira à Belfort (le train n’est annoncé que 20 minutes avant normalement), et on demande donc gentiment au chef de train si on peut monter. Il est super sympa, et l’embarquement se passe bien. On découvre que si le train est complet, c’est que 80 touristes coréens montent aussi dedans, l’itinéraire faisant partie d’un circuit organisé pour visiter la France.

    Le stress diminue une fois monté (merci encore au super personnel de la SNCF). On a rangé la charette, coupé en deux le pino, et on est bon.

    Les quatre heures de voyages sont sympa. Les nouveaux trains de la ligne sont très silencieux (on se demandera pourquoi de nouveaux trains n’ont pas de véritables espaces vélos, la photo en montrant l’intégralité, mais bon…). Petit bout de choux court partout et se fait des amis dans le train (ou des regards noirs). À l’arrivée à Belfort, il ne reste globalement que nous et les touristes Coréens (on aura appris entre temps que c’est normal. Chaque jour un groupe passe pour aller à un aéroport moins cher que Paris. Les gens ont l’habitude).

    La remontée du pino est un peu sportive (j’ai fait des bêtises), mais on arrive à quitter la gare (sympa les escaliers avec tout notre barda d’ailleurs).

    On termine après quelques kilomètres au camping de Belfort, qui est pas mal du tout. Ils ont un restaurant avec terrasse pour manger. Petit bout de choux se promène partout et revient prendre une bouchée de temps en temps. Il s’endort (et nous aussi) ensuite sans aucune difficulté.

  • De Paris à Soignolles-en-Brie

    C’était le 8 avril, et le temps était estival. Un peu sur un coup de tête, nous avons donc décidé de partir faire un tour en vélo.

    Comme nous n’avions jamais roulé sur plus de 10 kilomètres en vélo avec Boutchou, nous avons rapidement mis dans notre cahier des charges de pouvoir compter sur un plan B en cas de soucis : partir vers la Seine-et-Marne et mes parents avec une grosse voiture (et une disponibilité sans faille) était donc idéal !

    Nous avons donc choisi le début du trajet Paris-Nice, avec comme objectif de rouler de Paris à Blandy-Les-Tours. La piste cyclable semblait pas mal sur le plan : longer la Seine, passer par une forêt, puis petites routes de campagne.

    Après avoir rempli (trop) rapidement une petite sacoche, nous nous sommes mis en route ! Nous savions que la première difficulté consistait à quitter Paris : entre Porte de Versailles et la Seine à l’est, il y a une petite trotte.

    Au delà des blagues habituelles sur les pistes parisiennes (nombreuses chicanes, voitures garées dessus, mauvaises démarquations entre piétons et vélos…), nous avons eu un petit soucis porte de Bercy. Concrètement, la piste cyclable se trouve entre l’autoroute A4 et la Seine. Nous sommes arrivés au dessus, mais impossible d’y descendre (même pas un escalier). Les lieux étant fortement hostiles (périphérique, A4, sortie de Paris par les quais…) nous avons du faire demi-tour et nous retrouver au pont de Tolbiac pour trouver une entrée de la piste.

    Au bilan, nous avons mis plus d’une heure à sortir de Paris. Avec une super moyenne de 8 km/h, sans pause (bon, on a pris des sandwichs à une boulangerie…).

    Une fois sur la piste, ça roule bien. C’est amusant de constater que cette piste n’a pas de sorties/entrées sur une sacrée trotte. C’est autrement assez mignon, il faut juste faire un peu l’abstraction de l’autoroute à côté.

    Nous déjeunons en face de Maisons-Alfort, sur un coin bien sympa. Boutchou est heureux de se dégourdir les jambes.

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    Du gazon !

    En repartant, le trajet est pas mal. Juste une petite blague quand la piste cyclable nous demande de prendre une passerelle piétonne avec une trentaine de marches (un peu avant Créteil). On choisit de faire un petit détour, qui n’était pas mal non plus (les quais étant fermés depuis peu à la circulation dans notre sens).

    On quitte les bords de Seine après Créteil, en prenant la piste cyclable le long de la nationale 19. C’est roulant au début, mais assez catastrophique aux alentours de l’échangeur de la nationale 406. On alterne entre carrefours mal aménagés et petits bidons villes. Ça fait du bien quand on arrive sur la petite rue de Paris de Boissy-saint-Léger. J’ai sincèrement eu peur au moment de la traversée de la nationale 19.

    Pendant ce temps là, Boutchou tente de faire une petite sieste. Comme la montée est un peu dur, il peut profiter d’un peu moins de bosses.

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    On a pas dit que c'était super confortable

    Une fois en haut, on arrive sur la meilleure partie du trajet : la traversée du Bois Grois. Juste une déception logistique : le robinet à l’entrée du bois n’existe plus. Il était indiqué dans le guide. Ça rend Boutchou songeur.

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    Une fois sortis du bois, on cherche un peu la suite à Servon. Des constructions récentes changent les lieux par rapport à notre plan. Nous trouvons cependant le chemin vers le Chemin des Roses. Nous ne le quitterons plus.

    C’est bien isolé, mais manque un peu de zones pour faire des pauses. Nous nous arrêtons donc à Brie-Comte-Robert. On passe au supermarché local pour faire le ravitaillement en eau (et prendre des glaces, j’avoue).

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    Pas mal cette route non ?

    On ajuste les objectifs du trajet car nous n’avons pas beaucoup avancés, on vise désormais d’arriver à Guignes. L’avantage c’est que nous n’aurons pas à prendre de routes (même petites) pour y arriver, c’est toujours tout droit sur le Chemin des Roses.

    Malheureusement, une crevaison d’un pneu arrière ralenti fortement notre avancée. Nous sortons donc de la piste à Soignolles, après 50 kilomètres de route. Pas trop mal pour une première sortie en famille.

    On attend sur le bord de l’Yerres les secours, en se réjouissant d’avoir eu ce filet de sécurité ! Après cette journée à être beaucoup assis, Boutchou s’entraine à la vie de bipède en attendant.

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    Il peut tenir longtemps comme ça
  • Le retour, jour 21 (environ 65 kilomètres)

    Et oui, vous croyiez qu’on avait oublié de publier la fin ? Oui, ça fait plus d’un an… mais on a quelques excuses finalement assez valables…

    Alors nous en étions à Mulhouse où nous avons passé une nuit tout à fait romantique dans le camping, sans sac de couchage ni rien (mais les flammekuches de la veille était bien bonnes), mais la tente était tellement grande que le Pino a dormi avec nous. Au lever, nous lui tâtons la roue arrière pour voir comment la journée s’engageait, et finalement aucun signe de fuite. Nous partons donc pour Belfort, le terme de notre voyage. Nous avons choisi cette destination pour attraper un TER qui avec une correspondance à Troyes, devait nous permettre d’aller jusqu’à Longueville, à quelques encablures de chez les parents de Flo. Le TER avait aussi l’avantage par rapport au TGV de ne pas nécessiter de réservation. Et lorsque l’on est pas sûr que son vélo sera admis à bord du train, ça compte. Mais ça c’était la théorie. Déjà parce que l’unique correspondance possible de la journée ne permettait pas d’aller à Longueville où le train ne s’arrête pas très souvent (mais Nogent-sur-Seine c’était jouable), et aussi parce qu’on ne pouvait pas savoir sur quel train nous allions tomber.

    Nous poursuivons donc le long du canal Rhin-Rhône. Nous pensions avoir vu un bon nombre d’écluses lorsque nous avions parcouru l’itinéraire de l’Ille et Rance, mais là, c’était autre chose. Les bateaux ne doivent pas atteindre des pointes de vitesses par ici, c’est écluse sur écluse, tout droit. À un moment, c’était même 12 écluses sur 3 kilomètres, jusqu’à atteindre le point culminant du canal. Au début on trouve ça mignonnet, mais au bout d’un moment, on s’en lasse de ces écluses… Mais nous avons pu voir de près des hérons, et manger divinement bien sur une petite péniche, et ça, c’était chouette (et ça changeait de la gastronomie du voyage).

    Écluse du canal Rhin-Rhône
    Route coupée ! Une péniche peut-elle en cacher une autre ?
    Un héron
    Une photo de héron comme mon papa adore en prendre.

    La météo était chouette mais se gâtait, et nous devions nous presser pour rejoindre Belfort et ne pas rater l’unique train nous permettant de rentrer chez nous. Dès lors que nous avons quitté le canal pour se diriger vers Belfort, le paysage est redevenu plus varié. Petits bois, gare TGV au milieu de nulle part, la piste cyclable est certes plus vallonnée mais encore très bien aménagée. Enfin presque bien aménagée, si l’on met de côté le tunnel à rivière et piste cyclable dont on sort par un escalier d’une dizaine de marches (c’est bien connu que les vélos savent aussi prendre les escaliers !).

    Et nous arrivons à Belfort sous quelques gouttes, mais à l’heure pour le train. Plutôt très en avance, grâce au gardien du temps ! Le temps de siroter 2 cocas chacun et de lire en travers la longue histoire compliquée de Belfort sur Wikipedia pour ma part. Puis c’est enfin l’heure d’embarquer. Et là, le meilleur nous attendait. Nous espérions un intercité tout moderne comme nous avions pris en Bretagne. Hélas, ce fut un vieux gris, du genre avec 4 hautes marches pour monter à bord, avec des compartiments de 6 voyageurs. Mais attention, adapté aux vélos : un des compartiments avait subi une reconversion ! Florent va chercher le chef de train. Il n’a pas encore vu notre vélo qu’il dit déjà que les gens ont du mal à monter leur vélos à bord. Et quand il voit notre Pino, là, il dit tout net que le compartiment vélo, c’est mort. D’une part, il faudrait prendre le virage pour monter dans le train (le couloir de circulation étant du côté de la montée) et d’autre part, le tandem ne tiendrait tout simplement pas dans le compartiment vélo. Très généreusement, il nous accepte tout de même à bord (ouf !) pour qu’on s’installe tout en bout de train, là où il n’y a pas de toilettes, avec le Pino en largeur du train. Ça tient à 10 cm près ! On a eu chaud. À notre demande il se renseigne pour savoir quel type de train c’est après Troyes. C’est le même. Et étant donné que c’est une correspondance à faire en moins de 10 minutes, c’est mort pour qu’on décharge, négocie avec l’autre chef de train et recharge. Finalement beau-papa vient nous chercher avec la grosse voiture à Troyes, ce dont nous sommes éternellement reconnaissants.

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    Le Pino dans un vieux TER
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    Ça rentre tout juste !

    Voila la fin tant attendue du périple. Il ne manque qu’un petit article statistique pour clore ce chapitre du beau Danube bleu. Si tout se passe bien, nous nous retrouverons l’été prochain pour un morceau tout français de l’EV6.

  • Trois pays et au moins quatre frontières, jour 20 (environ 42 kilomètres)

    Après cette journée de repos bien méritée, nous sommes désormais sur la route du retour en mode accéléré. Notre objectif est de prendre le train de Ulm à Bâle, puis de pédaler jusqu’à Mulhouse dans la journée.

    Si le petit déjeuner et le rangement se passent très bien, la suite est moins simple. Nous récupérons en effet notre tandem avec un pneu complètement à plat. On soupçonnait une fuite sur le pneu arrière, et elle est bien confirmée. Nous avons un petit moment de flottement : à pieds sans pédaler, nous n’arriverons pas à l’heure pour le train.

    Par chance, on trouve un vendeur de vélo dans la rue d’à côté, ouvert. Nous gonflons donc vite le pneu et on pédale jusqu’à la gare, conscient que ça ne règle pas le soucis de la fuite.

    À la gare, on est victime d’une petite blague allemande. Il y a une rampe à vélo qui permet de rejoindre de nombreux quais. Mais pas le nôtre, il est trop loin. Le personnel de la gare est venu spontanément nous demander s’ils pouvaient nous aider, mais la réponse était simple, il n’y pouvaient rien. Il fallait “juste” du coup faire comme en France, et porter le tandem dans les escaliers. Comme on était un peu juste sur les horaires avec notre histoire de pneu, c’était un peu sportif.

    Il est pas beau notre Pino dans les trains allemands ?
    Il est pas beau notre Pino dans les trains allemands ?

    Le trajet en train se passe sans histoire, les paysages sont très beau avec notamment le lac de Constance que nous longeons un certain temps. Trois heures après le départ de la gare d’Ulm, et après quelques alternances entre la Suisse et l’Allemagne, nous arrivons à Bâle.

    Nous avons donc notre problème de pneu un peu crevé, et nous décidons donc d’essayer une bombe anti-crevaison que nous avions dans une sacoche. Ça projette à l’intérieur de la roue une sorte de caoutchouc réagissant à l’air, et bouchant ainsi tout seul la fuite. Nous étions sceptiques et prudents, mais le futur prouvera que ça a bien tenu. Nous alternons pousse du tandem et un peu de pédalage pour rejoindre le centre ville.

    Nous cherchons à déjeuner, et Bâle est hors de prix (c’est cher un franc suisse !). On termine en terrasse d’un bon restaurant. Nos voisins sont du cru, enfin presque, ils viennent du demi-canton de Bâle-Campagne. Je ne sais plus comment ça a commencé, mais l’un d’entre eux était très bavard et préférait parler avec nous qu’avec son compagnon. Le suisse allemand, c’est presque compréhensible ! Presque. Même s’il n’en revenait pas de pouvoir communiquer avec un français (même pas alsacien !), il avait un accent assez inhabituel pour moi. En partant du restaurant, une propriétaire d’un Pino vient aussi discuter avec nous.

    Rathaus de Bâle
    On a mangé en face sur une terrasse

    Bâle n’était qu’une courte étape sur la route, et nous choisissons de ne pas nous attarder, Mulhouse n’étant pas vraiment à côté. On repasse à un marchand de vélo vérifier la pression du pneu arrière (encore un avec un compresseur laissé à l’extérieur, pratique), et nous passons tranquillement la frontière.

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    J’ai passé la frontière les pieds devant

    Le trajet sur la partie française est joli, mais parfois un peu monotone. On suit les canaux. Ça va tout droit, en résumé. On est content de la qualité de la piste cyclable, au moins jusqu’à l’entrée dans Mulhouse qui est un peu plus compliquée.

    Une fois au centre, nous appelons pour trouver un hôtel. Et pour la première fois (dommage pour la dernière nuit du voyage !), on tombe sur un os. Rien de libre. L’Office du tourisme n’a rien à nous proposer non plus. Nous appelons donc le camping, qui propose des petites huttes (nous n’avons pas la tente avec nous). Il est un peu en dehors de la ville, mais sur le chemin de la piste, c’est pas mal sur le papier. C’est moins bien avec la déviation, mais on y arrive. Sur place, il nous faut mentir à la question “vous avez des duvets ?”. On dormira avec les pulls, car on a rien de mieux.

    La preuve de notre présence à Mulhouse !
    La preuve de notre présence à Mulhouse !

    Après installation, on laisse le tandem pour prendre le tramway et aller en ville. On se promène dans le centre, on mange des flammkuches modernes, et on rentre. On a pas eu froid la nuit, le rapport qualité/prix de la nuit était loin d’être mauvais. C’était en tout cas une journée bien remplie.

  • Jour de repos à Ulm, jour 19

    Après l’étape de folie de la veille (le record de distance du voyage), c’est avec un certain plaisir que nous nous reposons une journée pour, à nouveau, laver du linge et vagabonder dans les rues de Ulm. En fait, nous avons vagabondé de manière assez déterministe, avec une trajectoire définie par un parcours de geocaching, que nous ne connaissions pas et que ma cousine nous a montré.

    Sur le site internet (et les applis que l’on peut télécharger) des gens d’un peu partout dans le monde renseignent la géolocalisation de boîtes qu’ils cachent dans l’intention est de faire découvrir quelque chose aux personnes qui veulent jouer. Des fois, il s’agit simplement de coordonnées de la boite, des fois c’est plus compliqué, ça peut être une chasse au trésor pour découvrir la boîte finale. C’est ce que nous avons fait avec la geocache “Such den Ulmer Spatz”. Nous disposions d’une série de coordonnées GPS, de photos de rues/bâtiments correspondant à des lettres et de photos des Spatz (des gros moineaux en pierre vendus pour financer la rénovation de la cathédrale, le moineau étant l’emblème de la ville) correspondant à des numéros. Il fallait résoudre la localisation de la boîte et le code du cadenas en faisant correspondre les numéros et les lettres. Ce n’était vraiment pas évident, certains Spatz ayant changé de décoration et d’autres ayant disparu. Mais nous sommes toutefois arrivés à résoudre l’énigme, avec l’aide de ma cousine pour trouver l’emplacement défini avec un angle et une distance à partir d’un autre point (pas facile à faire sans outil plus élaboré que les téléphones). C’était sympa comme idée, on recommencera à Paris.

    Pour l’anecdote que nous a racontée ma cousine, au moment de la construction de la cathédrale, les artisans ont rencontré un problème pour rentrer une poutre à l’intérieur, celle-ci ne passant pas de front le pas de la porte. Ils étaient bien embarrassés, et c’est alors qu’ils ont vu un moineau portant dans son bec une brindille et qui construisait son nid sur la construction. Lui-même avait un problème de géométrie pour faire passer sa brindille de front. Et alors, le moineau tourna la brindille pour la faire entrer de face. Eurêka ! Le moineau devint alors avec son astuce légendaire l’emblème de la ville.

    Vue intérieure de la cathédrale d'Ulm
    La cathédrale protestante de Ulm, vue intérieure
    Vue extérieure de la cathédrale d'Ulm
    Vue extérieure

    La soirée fut excellente, avec le premier barbecue de l’année pour nous, avec ma cousine et son mari. Ils nous ont d’ailleurs encore fait découvrir un autre quartier de Ulm, pittoresque et vraiment calme, avec des petites maisons sur le chemin de ronde de la ville. La douceur de vie et la tranquillité avec les avantages de la ville. Ils ont bien de la chance.