Author: Juliette

  • Jour 7 – De Dole à Verdun-sur-le-Doubs

    Nous nous réveillons soulagés d’être sains et saufs, parce que ce que Florent n’a pas raconté, c’est qu’il y avait eu du vandalisme à base de vol et de coups de couteau l’avant veille dans le camping, et en particulier sur les tentes. Je l’avais certes appris des enfants au château gonflable la veille, Flo s’amusait de ma crédulité, mais j’en ai eu tout de même la confirmation le matin en allant chercher les croissants à l’accueil du camping. Je n’étais donc pas hyper sereine, mais finalement ça s’est bien passé. La nuit était assez fraîche et nous envisageons un moment de faire un détour pour acheter des polaires, pour Flo qui avait oublié de prendre le moindre pull et moi dont le duvet devenait un peu trop léger. Les magasins de sports étant trop loin, nous n’en ferons rien.

    Nous ne lambinons pas trop, la journée s’annonce plutôt chargée pour atteindre le camping de Verdun, avec 70 km environ, un peu contraints par le fait qu’il n’y en ait pas entre Seurre et celui là.

    Nous déjeûnons à Saint-Jean-de-Losne, toute petite ville (la plus petite de France paraît-il), près de canards et d’une mamie sur le perron de sa maison.

    Nous repartons et prenons un super raccourci de Flo, qui plutôt que de nous faire faire demi tour sur 2 km après un pont, nous fait longer le canal dans le bon sens jusqu’à Seurre. Vraiment pas malin, ce petit écart par rapport à l’itinéraire officiel nous fait gagner 5 bons kilomètres et en plus en très bonnes conditions.

    C’est alors qu’à Seurre à l’occasion d’une pause change glouglou et goûter, nous nous rendons compte qu’un des sacs de couchage s’était fait la malle. Celui de Flo. Et comme nous avions déjà regardé le matin, pas d’intersport/Décathlon et consorts sur le trajet. Hôtels complets à Verdun (je n’ai certes pas appelé celui dont la plus petite chambre double était à 150 euros, j’avoue), camping sans mobile-home ou autre truc en dur. Je commence à ne pas me sentir super bien, sentant le plan loose se profiler. Et là, la providence nous envoie nos voisins germaniques du camping de Dole qui nous suivait avec une bonne distance, qui nous ramène le sac de couchage de Flo. Trop méga la fête, je me suis sentie tellement soulagée, j’aurais pu danser sur place.

    Nous repartons pour le dernier morceau de piste pour arriver au camping de Verdun. Le prix est imbattable par rapport aux tarifs assez élevés des précédents campings (un peu plus de vingt euros en moyenne), l’accueil est charmant, les emplacements vraiment spacieux. Nous avons en plus comme voisins un couple assez étrange (nous apprendrons par la suite que ce n’était pas un vrai couple) où monsieur voyage avec le chien en charette et madame avec une petite de l’âge de Colin, dans une autre charrette.

  • Jour 5 – En attendant le retour du soleil à Arc-et-Senans

    Le mauvais temps nous rattrape et la pluie tombe en trombes pendant la nuit et encore le matin. Nous apprécions d’avoir au moins doublé voire triplé la surface au sol par rapport à notre précédente tente, mais cela reste exiguë pour tenir plusieurs heures dessous. En tout cas, cela ne gêne pas le moins du monde Colin qui profite de cette matinée pour faire une sieste digne de ce nom (pas balloté par monts et vaux par ses parents). 

    Pas de soucis de rester toute la matinée dans la tente

    Finalement le temps se calme dans l’après midi, nous décidons donc de rester une nuit de plus ici, d’autant que le camping est très agréable et que nous pouvons en profiter pour visiter la saline royale qui fait la réputation des lieux.

    Cette saline royale a été inaugurée sous Louis XV, un siècle après le rattachement de la Franche Comté au royaume de France, sous la direction de l’architecte Jean-Baptiste Ledoux. Le bonhomme était dans la force de sa carrière et pouvait se permettre de réaliser ses conceptions assez innovantes. On aboutit à un édifice assez vaste et moderne pour l’époque où toute la communauté de production de la saline vivait ensemble selon des règles bien définies. Il paraît selon notre guide, que l’édifice interpellait beaucoup et faisait railler les cours de l’époque, étant donné le luxe de l’édifice construit pour héberger et faire travailler des culs terreux. Il faut bien reconnaître que c’est assez classe.

    Et ce n’est que l’entrée !

    Pendant toute cette belle visite (nous sommes très bien tombés, on peut avoir le meilleur comme le pire sur les visites guidées), nous avons du toutefois gérer la petite boule de nerfs de 16 mois. On comptait sur la sieste de l’après midi, mais visiblement, ce ne faisait pas l’unanimité, ou du moins le consentement du principal intéressé. Ça s’est un peu calmé avec la visites des jardins, qui avaient pour thème Tintin pour cette année. C’était très réussi, bien que nous ne sommes pas fans d’Hergé.

    Une partie de l’intérieur
    Les jardins avec un thème par personnage de Tintin

    Sur le retour nous nous sommes rendus compte de l’existence d’un réparateur-vendeur de vélos (pas du tout référencé sur Internet, notamment absent des cartes d’openstreetmap), et je suis donc par la suite allée faire la visite pour changer la chambre à air arrière. Il a même trouvé la minuscule épine dans le pneu, certainement à l’origine de ce dégonflement lent. 

    Deuxième et dernière nuit dans ce camping, également sous la pluie, plus sereins par rapport au vélo.

  • Jour 3 – repos à Besançon (23 kilomètres)

    Jour 3 – repos à Besançon (23 kilomètres)

    Le camping de Besançon n’est pas vraiment à notre goût : trop de nationale, trop de voitures, trop de monde. Pourtant nous décidons d’y rester une nuit de plus pour visiter la ville et faire une première lessive. Colin en profite pour acquérir une nouvelle compétence : monter et s’assoir dans une chaise pour grands.

    Nous partons donc rejoindre la véloroute en passant à nouveau par le bout de nationale. Ce n’est pas bien terrible, mais décevant de voir qu’un itinéraire cyclable plus sécurisé ne soit pas une priorité pour les politiques locaux, loin de là. Une grosse dizaine de kilomètres séparent le camping de la ville, ce qui explique la distance parcourue pour une journée de repos. Nous faisons un petit tour en vélo dans la ville avant de poser notre monture contre un emplacement de stationnement vélo, que nous avons quelques scrupules d’occuper sur toute la longueur. 

    Nous montons à l’assaut de la citadelle. Oeuvre assez monumentale de Vauban, elle accueille maintenant quelques musées et un zoo que nous parcourons à notre grand plaisir. Colin qui est dans sa période animaux réagit très vivement et positivement. Il est tout de même partagé entre l’envie de toucher et la peur de ces bêtes qui bougent bien plus que des peluches. 

    Des chèvres dans les enceintes de Vauban

    Nous nous régalons de la vue puis de glaces et regagnons le camping pour une deuxième nuit.

  • Jour 1 – De Belfort à L’Isle sur le Doubs (53 km)

    Jour 1 – De Belfort à L’Isle sur le Doubs (53 km)

    Nous nous réveillons de bonne heure avec Colin, visiblement ravi de trouver ses parents à ses côtés dès le réveil. Pains au chocolat, on se régale du début des vacances. Nous quittons le camping vers 8h et nous dirigeons vers Montbéliard par le canal de la Haute-Saône. L’itinéraire est nettement plus plat que par la gare TGV que nous avions pris à la fin de notre voyage de noces et cela n’est pas sans nous déplaire. Nous croisons beaucoup de cyclistes, qu’ils soient cyclorandonneurs, en promenade pour quelques heures ou pour la journée. Nous nous rendons vite compte qu’avec notre attelage, nous prenons un rythme plus modéré.

    Première halte à Montbéliard ou plutôt son Leclerc en proche banlieue. Il est carrément énorme, nous y trouvons ce qui nous manquait en gaz et en nourriture. Colin s’éclate sur lesplanade de l’hypermarché et découvre les grandes portes automatiques roulantes.

    Nous repartons et quittons Montbéliard sans la visiter, pressés de déjeuner dans un coin plus sympa. Le Doubs nous rejoint peu après la ville, toujours secondé par le canal à cet endroit.

    Nous gagnons le camping de l’Isle-sur-le-Doubs finalement assez tôt (à 14h, un record de fin d’étape). L’endroit est agréable, la zone sans électricité étant distincte de celle avec électricité, cela fait une séparation assez naturelle entre les camping cars et les cyclorandonneurs. Jusqu’à ce qu’une caravane d’allemands s’installe près de nous, mais assez tard. Entre temps, on aura pris quelques glaces et fait le tour de la ville (dont l’île est très jolie). Après une petite soupe, nous écrasons assez vite après cette journée de remise en jambes…

  • Le retour, jour 21 (environ 65 kilomètres)

    Et oui, vous croyiez qu’on avait oublié de publier la fin ? Oui, ça fait plus d’un an… mais on a quelques excuses finalement assez valables…

    Alors nous en étions à Mulhouse où nous avons passé une nuit tout à fait romantique dans le camping, sans sac de couchage ni rien (mais les flammekuches de la veille était bien bonnes), mais la tente était tellement grande que le Pino a dormi avec nous. Au lever, nous lui tâtons la roue arrière pour voir comment la journée s’engageait, et finalement aucun signe de fuite. Nous partons donc pour Belfort, le terme de notre voyage. Nous avons choisi cette destination pour attraper un TER qui avec une correspondance à Troyes, devait nous permettre d’aller jusqu’à Longueville, à quelques encablures de chez les parents de Flo. Le TER avait aussi l’avantage par rapport au TGV de ne pas nécessiter de réservation. Et lorsque l’on est pas sûr que son vélo sera admis à bord du train, ça compte. Mais ça c’était la théorie. Déjà parce que l’unique correspondance possible de la journée ne permettait pas d’aller à Longueville où le train ne s’arrête pas très souvent (mais Nogent-sur-Seine c’était jouable), et aussi parce qu’on ne pouvait pas savoir sur quel train nous allions tomber.

    Nous poursuivons donc le long du canal Rhin-Rhône. Nous pensions avoir vu un bon nombre d’écluses lorsque nous avions parcouru l’itinéraire de l’Ille et Rance, mais là, c’était autre chose. Les bateaux ne doivent pas atteindre des pointes de vitesses par ici, c’est écluse sur écluse, tout droit. À un moment, c’était même 12 écluses sur 3 kilomètres, jusqu’à atteindre le point culminant du canal. Au début on trouve ça mignonnet, mais au bout d’un moment, on s’en lasse de ces écluses… Mais nous avons pu voir de près des hérons, et manger divinement bien sur une petite péniche, et ça, c’était chouette (et ça changeait de la gastronomie du voyage).

    Écluse du canal Rhin-Rhône
    Route coupée ! Une péniche peut-elle en cacher une autre ?
    Un héron
    Une photo de héron comme mon papa adore en prendre.

    La météo était chouette mais se gâtait, et nous devions nous presser pour rejoindre Belfort et ne pas rater l’unique train nous permettant de rentrer chez nous. Dès lors que nous avons quitté le canal pour se diriger vers Belfort, le paysage est redevenu plus varié. Petits bois, gare TGV au milieu de nulle part, la piste cyclable est certes plus vallonnée mais encore très bien aménagée. Enfin presque bien aménagée, si l’on met de côté le tunnel à rivière et piste cyclable dont on sort par un escalier d’une dizaine de marches (c’est bien connu que les vélos savent aussi prendre les escaliers !).

    Et nous arrivons à Belfort sous quelques gouttes, mais à l’heure pour le train. Plutôt très en avance, grâce au gardien du temps ! Le temps de siroter 2 cocas chacun et de lire en travers la longue histoire compliquée de Belfort sur Wikipedia pour ma part. Puis c’est enfin l’heure d’embarquer. Et là, le meilleur nous attendait. Nous espérions un intercité tout moderne comme nous avions pris en Bretagne. Hélas, ce fut un vieux gris, du genre avec 4 hautes marches pour monter à bord, avec des compartiments de 6 voyageurs. Mais attention, adapté aux vélos : un des compartiments avait subi une reconversion ! Florent va chercher le chef de train. Il n’a pas encore vu notre vélo qu’il dit déjà que les gens ont du mal à monter leur vélos à bord. Et quand il voit notre Pino, là, il dit tout net que le compartiment vélo, c’est mort. D’une part, il faudrait prendre le virage pour monter dans le train (le couloir de circulation étant du côté de la montée) et d’autre part, le tandem ne tiendrait tout simplement pas dans le compartiment vélo. Très généreusement, il nous accepte tout de même à bord (ouf !) pour qu’on s’installe tout en bout de train, là où il n’y a pas de toilettes, avec le Pino en largeur du train. Ça tient à 10 cm près ! On a eu chaud. À notre demande il se renseigne pour savoir quel type de train c’est après Troyes. C’est le même. Et étant donné que c’est une correspondance à faire en moins de 10 minutes, c’est mort pour qu’on décharge, négocie avec l’autre chef de train et recharge. Finalement beau-papa vient nous chercher avec la grosse voiture à Troyes, ce dont nous sommes éternellement reconnaissants.

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    Le Pino dans un vieux TER
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    Ça rentre tout juste !

    Voila la fin tant attendue du périple. Il ne manque qu’un petit article statistique pour clore ce chapitre du beau Danube bleu. Si tout se passe bien, nous nous retrouverons l’été prochain pour un morceau tout français de l’EV6.

  • Jour de repos à Ulm, jour 19

    Après l’étape de folie de la veille (le record de distance du voyage), c’est avec un certain plaisir que nous nous reposons une journée pour, à nouveau, laver du linge et vagabonder dans les rues de Ulm. En fait, nous avons vagabondé de manière assez déterministe, avec une trajectoire définie par un parcours de geocaching, que nous ne connaissions pas et que ma cousine nous a montré.

    Sur le site internet (et les applis que l’on peut télécharger) des gens d’un peu partout dans le monde renseignent la géolocalisation de boîtes qu’ils cachent dans l’intention est de faire découvrir quelque chose aux personnes qui veulent jouer. Des fois, il s’agit simplement de coordonnées de la boite, des fois c’est plus compliqué, ça peut être une chasse au trésor pour découvrir la boîte finale. C’est ce que nous avons fait avec la geocache “Such den Ulmer Spatz”. Nous disposions d’une série de coordonnées GPS, de photos de rues/bâtiments correspondant à des lettres et de photos des Spatz (des gros moineaux en pierre vendus pour financer la rénovation de la cathédrale, le moineau étant l’emblème de la ville) correspondant à des numéros. Il fallait résoudre la localisation de la boîte et le code du cadenas en faisant correspondre les numéros et les lettres. Ce n’était vraiment pas évident, certains Spatz ayant changé de décoration et d’autres ayant disparu. Mais nous sommes toutefois arrivés à résoudre l’énigme, avec l’aide de ma cousine pour trouver l’emplacement défini avec un angle et une distance à partir d’un autre point (pas facile à faire sans outil plus élaboré que les téléphones). C’était sympa comme idée, on recommencera à Paris.

    Pour l’anecdote que nous a racontée ma cousine, au moment de la construction de la cathédrale, les artisans ont rencontré un problème pour rentrer une poutre à l’intérieur, celle-ci ne passant pas de front le pas de la porte. Ils étaient bien embarrassés, et c’est alors qu’ils ont vu un moineau portant dans son bec une brindille et qui construisait son nid sur la construction. Lui-même avait un problème de géométrie pour faire passer sa brindille de front. Et alors, le moineau tourna la brindille pour la faire entrer de face. Eurêka ! Le moineau devint alors avec son astuce légendaire l’emblème de la ville.

    Vue intérieure de la cathédrale d'Ulm
    La cathédrale protestante de Ulm, vue intérieure
    Vue extérieure de la cathédrale d'Ulm
    Vue extérieure

    La soirée fut excellente, avec le premier barbecue de l’année pour nous, avec ma cousine et son mari. Ils nous ont d’ailleurs encore fait découvrir un autre quartier de Ulm, pittoresque et vraiment calme, avec des petites maisons sur le chemin de ronde de la ville. La douceur de vie et la tranquillité avec les avantages de la ville. Ils ont bien de la chance.

  • De Großmehring à Donauwörth, jour 17 (70 km)

    Ça y est, la pluie est arrivée. Et l’orage avec. On est réveillé à 7h30 par la pluie et le tonnerre. C’est toujours étrange un orage le matin. Nous attendons que la pluie cesse pour partir. Cela nous met déjà pas mal en retard pour l’étape que nous souhaitions faire.

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    Ingolstadt sous la pluie

    Notre première pause n’est pas très loin. Il ne nous fallait qu’une dizaine de kilomètres pour atteindre Ingolstadt, une petite ville fortifiée. Nous nous y arrêtons pour prendre des victuailles pour le déjeuner. C’est en repartant que nous nous rendons compte que le pneu arrière est à plat. Manque de pot, midi vient de sonner et les magasins de vélo viennent de fermer pour la pause méridienne. Nous avons tout de même de la chance d’en trouver un qui laisse une pompe avec compresseur et manomètre à disposition. La valve était à moitié ouverte. Avait-on oublié de bien refermer la dernière fois ? Le manomètre ne redescend pas une fois le pneu gonflé à 5 bars. Nous repartons.

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    Le château de chasse près de Neuburg

    Nous sommes à présent sur la rive sud du Danube. La piste n’est pas très praticable avec les fortes pluies du matin et de la nuit. Les passages de gadoue sont pénibles mais assez brefs, heureusement. Nous passons devant un très joli château de chasse, pas visitable. Nous nous y serions volontiers arrêtés pour déjeuner, si l’endroit n’était pas aussi infesté de moustiques. Nous nous arrêtons donc à Neuburg, en territoire humain.

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    Ancien temple romain sur notre route

    La météo de l’après-midi est encore humide et couverte. Nous avons un passage de 6 km pénible sur une grosse route avec de la circulation très rapide, pour échaper à 7 km de boue qui nous rallentit trop. Quelques côtes nous pimentent l’après-midi. Une rencontre avec un cycliste nous égaie alors. Il nous saute presque dessus pour nous parler et examiner notre vélo : il est lui-même propriétaire d’un vieux Pino et voulait regarder les améliorations apportées depuis. Il nous raconte un peu sa vie, nous pose pas mal de questions sur notre voyage, nous rassure sur la suite de l’étape et celle du lendemain. C’était vraiment très sympa.

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    Encore un arbre de mai, dans un autre style

    Nous atteignons assez tardivement Donauwörth, où nous séjournons dans une auberge tenue par un croate aimable comme un gardien de prison. La chambre est spacieuse, bien que désuète. Je constate encore quelques blessures de guerre contre les moustiques. Le repos nous fait beaucoup de bien après cette étape.

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    Porte et pont de Donauwörth

  • De la fournaise au Walhalla, jour 15 (84 km) 

    Nous partons donc de Mariaposching sous un soleil déjà cuisant (il n’est que 9h15, ça promet). La route est encore sympathique, si ce n’est qu’on ne voit pas autant le Danube qu’on ne le voudrait, étant souvent derrière une digue. Avec autant de digues, ça ne m’étonne pas trop qu’ils récupèrent des inondations historiques en aval.

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    Devinette : qu'est-ce que c'est ?

    La distance que nous parcourons le matin est de plus en plus importante, de manière à essayer de profiter de températures un peu plus clémentes. Nous faisons donc environ 45 km avant de déjeuner à Wörth. Le désespoir faillit nous atteindre lorsque nous faisons tout le tour du village et que nous ne trouvons que des restaurants fermés, 3 boulangeries fermées et la seule étant ouverte n’ayant plus de sandwichs (il est samedi midi !). Finalement nous trouvons une gasthof ouverte avec des plats particulièrement savoureux.

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    Wörth où nous déjeunons

    Nous repartons sous le cagnard, jusqu’à atteindre vers 15h le Walhalla. Il s’agit d’un bâtiment pompier construit par Louis 1er de Bavière comme monument aux personnalités importantes de la civilisation allemande. Une sorte de petit Panthéon sans les sépultures. L’endroit est pariculièrement touristique, du fait de la proximité à Ratisbonne, d’où les gens peuvent prendre le bateau pour venir (10 km).

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    Le Walhalla

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    Les bustes des grands hommes de la civilisation allemande (pas beaucoup de femmes là non plus, mais quelques unes)
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    Louis 1er de Bavière en César moustachu (il n'avait probablement pas appris que seuls les barbares portaient la barbe ou la moustache, d'où leur nom)

    Nous repartons pour Ratisbonne, où nous n’avons pu trouver d’hébergement dans le centre. Les deux festivals organisés en même temps dans la ville sont probablement à l’origine de cette raréfaction des chambres (le color festival et le mundart festival). Nous avons donc dû nous rabattre sur un hôtel ibis budget de bord d’autoroute et inverser la visite de la ville et le dépot des sacoches/douche à l’hotel.

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    Le pont de pierre de Ratisbonne, en travaux

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    Vue depuis le pont de pierre
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    Autre vue depuis le pont de pierre
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    Cathédrale de Ratisbonne

    La ville de Ratisbonne (Regensburg en allemand) est assez jolie. Le fameux pont à 16 arches, plus vieux d’Allemagne est malheureusement en rénovation, mais le reste est tout de même sympa. Nous dînons dans un biergarten entre le Danube et le Regen (rivière qui donne son nom à la ville) et ils ont même le bon goût de brasser leur bière et de proposer des portions super copieuses.

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    L'assiette de jambon : de quoi rassasier son homme

    Nous faisons les quelques kilomètres restants jusqu’à l’hôtel en croisant quelques martiens qui rentrent du color festival.

  • Jour de repos à Passau, jour 13

    Nous restons une journée à Passau pour régler notre laver nos vêtements et faire du tourisme. Cela tombe d’autant mieux que la chaleur est de plus en plus forte. Mais petits insouciants que nous sommes, nous n’avions pas vérifié les jours fériés avant de partir (la prochaine fois : penser à regarder ça). Nous nous retrouvons donc ici avec la plupart des commerces fermés pour cause de Fête-Dieu. Personnellement, je ne connaissais pas, bien que cela se fête également encore à quelques endroits en France (selon wikipedia). Dans chaque ville/village il y a une procession, avec des branches de bouleau installées un peu partout, et un tapis de fleurs du genre mandala devant l’église. Nous n’y sommes pas allés : la laverie auomatique était assez loin et les programmes assez longs.

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    Les branches de bouleau pour la Fête-Dieu

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    Tapis de fleurs

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    Le Dom

    Une fois cette besogne accomplie, nous montons au château-Burg (pas château-Schloss, le Burg étant fortifié) pour profiter d’une vue imprenable sur Passau. On a cuit. Mais cela valait le coup. En particulier, on pouvait très bien observer les différentes couleurs des trois rivières. Ils racontent ici que l’Ilz est noire à cause des cultures de perles (ça fait du noir ça ?), que l’Inn est verte à cause de la fonte des glaciers, et que le Danube est bleu (sans explication). En tout cas, cela se voit bien d’en haut.

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    Serait-ce la muraille de Chine ?

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    Non, c'est le Burg de Passau

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    Les trois couleurs des trois rivières

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    La vue depuis le Burg

    On redescend profiter d’une glace au meilleur glacier de Passau selon notre hôte bien bavarde et se promener dans le centre historique. C’est vraiment très joli et très coloré, mais la raison n’est pas très gaie. Tout a été refait après l’inondation de 2013. Et quand on voit les inscriptions un peu partout du niveau que l’eau avait atteint, cela fait froid dans le dos. L’hôtel dans lequel on était était complétement inondé jusqu’au premier demi-étage. Les maisons plus près des quais avaient même perdu le deuxième étage. Notre hôte était complètement choquée : elle comptait les années en prenant l’inondation comme référence. Pour tout, y compris le décès de son époux. Une véritable catastrophe. Plus possible de se faire assurer les habitations depuis. Pas à un prix décent. Heureusement, la ville a financé 80% des rénovations. Donc aujourd’hui, deux années plus tard, c’est quasiment tout refait.

  • De Walsee à Aschach, jour 11 (78 km)

    Nous nous réveillons avec le meilleur petit-déjeuner du voyage, et le plus diversifié. Cela nous booste jusqu’au premier kilomètre, où l’on nous fait signe que le barrage que nous voulions traverser est fermé pendant une heure pour travaux. Finalement, un type des travaux nous aide à passer. Pour l’anecdote sexiste, à chaque fois que je suis devant, on pense que je me fais promener par mon homme, alors que s’il est devant, c’est qu’il doit s’agir d’un handicapé. Ah bah oui !

    La partie qui suit est encore très agréable, sur une belle piste cyclable en amont du barrage. Nous remontons jusqu’à Mauthausen, où nous faisons un détour pour aller voir l’ancien camp de concentration, avec une montée encore très dure.

    L’endroit est sinistre, sans surprise. Il reste encore toute l’enceinte, quelques barraques en bois dans lesquelles les prisonniers dormaient, et les bâtiments en dur. A la place des autres barraques, il y a des tombes et des monuments de différentes nations. Un petit musée explique l’histoire de cet endroit, qui était au début spécialisé dans les prisonniers politiques. Nous sommes particulièrement frappés par le fait que contrairement à l’Allemagne, plusieurs têtes nazies n’aient pas été inquiétées malgré les crimes perpétrés. Dont le médecin du camp qui a achevé par la suite sa thèse de médecine et a exercé toute la suite de sa carrière. 

    Nous quittons ce funeste endroit pour revenir sur la piste le long du Danube. Nous traversons Linz sans nous y arrêter, voulant pousser un peu plus loin de manière à arriver à Passau le lendemain.

    Après avoir encore traversé une belle plaine maraichère, nous arrivons à Aschach, ou plutôt en face à Oberlandshaag, chez l’autrichienne la plus chaleureuse que nous ayions croisée (elle nous a parlé !).