Colin est toujours aussi heureux de se réveiller à nos côtés, il commence la journée avec une super banane. Entre le réveil et le départ, nous sommes un peu lents (deux heures pour tout faire), et nous prenons la résolution de préparer plus de choses le soir, et d’éviter les trajets à la boulangerie (ils étaient même pas bons les pains au chocolat…).
Malgré ce départ tardif, on pédale à pleine vitesse. Deux heures après le départ, nous avons déjà fait 30 kilomètres. Colin à surtout dormi durant ce temps là.
On s’arrête pour le midi à Baume-les-dames. La pluie nous rattrape à la sortie de la visite de l’abbaye, et on doit un peu jongler entre Colin qui a faim et les difficultés matérielles. La pluie s’arrête heureusement assez vite et nous mangeons des pizzas dans un parc.
Nous repartons vers 13h, et j’ai une super idée de raccourci. C’était une très mauvaise idée : nous nous retrouvons à devoir pousser le vélo dans une pente sans fin (la descente sera chouette par contre !). Une fois les bords du Doubs retrouvés, ça se passe très normalement. On tire un peu la langue sur la fin : les muscles n’ont plus l’habitude, et le vent contraire à ralenti l’expédition toute la journée.
Le pire reste la toute fin du voyage. Pour joindre le camping, nous devons faire 800 mètres sur une nationale à quatre voies. Il n’y a pas d’autres solutions. Pendant que nous hésitons, une autre famille nous rejoint (avec cinq vélos). Nous ferons ce tronçon ensemble.
Le camping est grand (plus de cent emplacements) et à un accord avec la piscine extérieure voisine. On ira donc faire un petit plouf. Colin adore la pataugeoire, mais l’est est très froide et nous restons peu de temps.
On terminé la journée par un trajet un peu dur à pieds pour aller faire des courses : rien n’est prévu pour joindre à pieds le supermarché. On passe des zones sans trottoirs.
On se ravitaille donc de nouveau dans un hypermarché (il ne faudrait pas que ça devienne une habitude : les snacks le long de la piste nous manquent !), et on prévoit de rester deux nuits au camping. Nos muscles sont à plats, et on voudrait bien visiter Besançon le lendemain.
Nous profitons des vacances pour repartir sur la route ! Notre objectif est simple : reprendre l’ev6 là où nous l’avions laissée il y a deux ans, et faire un petit tronçon qui permet de repartir facilement à Dijon en fin de semaine. La grande nouveauté par rapport à la dernière fois, c’est que nous voyageons à trois et plus à deux. Un ancien collègue de Ju nous a prêté sa remorque Thule 2 places pour les vacances. L’occasion était superbe pour Colin et nous de tester ce moyen de locomotion.
La première journée est toujours là plus stressante : nous devons rejoindre Belfort par un moyen de transport autre que le vélo. Ça semble possible en train, mais depuis peu, la SNCF à clarifié sa politique volontariste du vélo : interdiction officielle aux tandems et aux charettes de monter à bord. Et pour rajouter un peu plus de piquant, la ligne Belfort-Paris est en travaux. Dernier détail : en fonction de notre rapidité à préparer et charger les affaires, nous ne sommes pas certains de l’horaire du train que nous pourrons prendre.
Nous sommes moins rapides que prévus pour charger (notamment car bout de choux à sauté sa sieste du matin ce jour là…), et nous partons donc en retard. Notre petit semble heureux de prendre la charette, en très bonne compagnie.
On traverse Paris pour aller à Gare de l’Est, en ratant le 13h12. Ça nous laisse le temps de réfléchir pour le 15h12. Premier moment de doute : le 15h12 est complet ! Mais d’après trainline en vérifiant sur Internet (ne jamais croire les bornes), il reste de la place en première. Astuce du jour : il est impossible de prendre un billet vélo et de rouler en première. Nous allons donc frauder pour le vélo…
Une fois le détail des billets réglés, nous constatons avoir oublié l’antivol. On profite du temps libre pour aller le long du canal qui a beaucoup de boutiques cyclistes. On trouve notre bonheur et on revient (le tout dans une circulation parisienne très adaptée à notre équipage).
Reste la question du chargement dans le train : on devra tout démonter. Le train est annoncé complet, donc peu pratique. On triche en devinant le train qui ira à Belfort (le train n’est annoncé que 20 minutes avant normalement), et on demande donc gentiment au chef de train si on peut monter. Il est super sympa, et l’embarquement se passe bien. On découvre que si le train est complet, c’est que 80 touristes coréens montent aussi dedans, l’itinéraire faisant partie d’un circuit organisé pour visiter la France.
Le stress diminue une fois monté (merci encore au super personnel de la SNCF). On a rangé la charette, coupé en deux le pino, et on est bon.
Les quatre heures de voyages sont sympa. Les nouveaux trains de la ligne sont très silencieux (on se demandera pourquoi de nouveaux trains n’ont pas de véritables espaces vélos, la photo en montrant l’intégralité, mais bon…). Petit bout de choux court partout et se fait des amis dans le train (ou des regards noirs). À l’arrivée à Belfort, il ne reste globalement que nous et les touristes Coréens (on aura appris entre temps que c’est normal. Chaque jour un groupe passe pour aller à un aéroport moins cher que Paris. Les gens ont l’habitude).
La remontée du pino est un peu sportive (j’ai fait des bêtises), mais on arrive à quitter la gare (sympa les escaliers avec tout notre barda d’ailleurs).
On termine après quelques kilomètres au camping de Belfort, qui est pas mal du tout. Ils ont un restaurant avec terrasse pour manger. Petit bout de choux se promène partout et revient prendre une bouchée de temps en temps. Il s’endort (et nous aussi) ensuite sans aucune difficulté.
C’était le 8 avril, et le temps était estival. Un peu sur un coup de tête, nous avons donc décidé de partir faire un tour en vélo.
Comme nous n’avions jamais roulé sur plus de 10 kilomètres en vélo avec Boutchou, nous avons rapidement mis dans notre cahier des charges de pouvoir compter sur un plan B en cas de soucis : partir vers la Seine-et-Marne et mes parents avec une grosse voiture (et une disponibilité sans faille) était donc idéal !
Nous avons donc choisi le début du trajet Paris-Nice, avec comme objectif de rouler de Paris à Blandy-Les-Tours. La piste cyclable semblait pas mal sur le plan : longer la Seine, passer par une forêt, puis petites routes de campagne.
Après avoir rempli (trop) rapidement une petite sacoche, nous nous sommes mis en route ! Nous savions que la première difficulté consistait à quitter Paris : entre Porte de Versailles et la Seine à l’est, il y a une petite trotte.
Au delà des blagues habituelles sur les pistes parisiennes (nombreuses chicanes, voitures garées dessus, mauvaises démarquations entre piétons et vélos…), nous avons eu un petit soucis porte de Bercy. Concrètement, la piste cyclable se trouve entre l’autoroute A4 et la Seine. Nous sommes arrivés au dessus, mais impossible d’y descendre (même pas un escalier). Les lieux étant fortement hostiles (périphérique, A4, sortie de Paris par les quais…) nous avons du faire demi-tour et nous retrouver au pont de Tolbiac pour trouver une entrée de la piste.
Au bilan, nous avons mis plus d’une heure à sortir de Paris. Avec une super moyenne de 8 km/h, sans pause (bon, on a pris des sandwichs à une boulangerie…).
Une fois sur la piste, ça roule bien. C’est amusant de constater que cette piste n’a pas de sorties/entrées sur une sacrée trotte. C’est autrement assez mignon, il faut juste faire un peu l’abstraction de l’autoroute à côté.
Nous déjeunons en face de Maisons-Alfort, sur un coin bien sympa. Boutchou est heureux de se dégourdir les jambes.
Du gazon !
En repartant, le trajet est pas mal. Juste une petite blague quand la piste cyclable nous demande de prendre une passerelle piétonne avec une trentaine de marches (un peu avant Créteil). On choisit de faire un petit détour, qui n’était pas mal non plus (les quais étant fermés depuis peu à la circulation dans notre sens).
On quitte les bords de Seine après Créteil, en prenant la piste cyclable le long de la nationale 19. C’est roulant au début, mais assez catastrophique aux alentours de l’échangeur de la nationale 406. On alterne entre carrefours mal aménagés et petits bidons villes. Ça fait du bien quand on arrive sur la petite rue de Paris de Boissy-saint-Léger. J’ai sincèrement eu peur au moment de la traversée de la nationale 19.
Pendant ce temps là, Boutchou tente de faire une petite sieste. Comme la montée est un peu dur, il peut profiter d’un peu moins de bosses.
On a pas dit que c'était super confortable
Une fois en haut, on arrive sur la meilleure partie du trajet : la traversée du Bois Grois. Juste une déception logistique : le robinet à l’entrée du bois n’existe plus. Il était indiqué dans le guide. Ça rend Boutchou songeur.
Une fois sortis du bois, on cherche un peu la suite à Servon. Des constructions récentes changent les lieux par rapport à notre plan. Nous trouvons cependant le chemin vers le Chemin des Roses. Nous ne le quitterons plus.
C’est bien isolé, mais manque un peu de zones pour faire des pauses. Nous nous arrêtons donc à Brie-Comte-Robert. On passe au supermarché local pour faire le ravitaillement en eau (et prendre des glaces, j’avoue).
Pas mal cette route non ?
On ajuste les objectifs du trajet car nous n’avons pas beaucoup avancés, on vise désormais d’arriver à Guignes. L’avantage c’est que nous n’aurons pas à prendre de routes (même petites) pour y arriver, c’est toujours tout droit sur le Chemin des Roses.
Malheureusement, une crevaison d’un pneu arrière ralenti fortement notre avancée. Nous sortons donc de la piste à Soignolles, après 50 kilomètres de route. Pas trop mal pour une première sortie en famille.
On attend sur le bord de l’Yerres les secours, en se réjouissant d’avoir eu ce filet de sécurité ! Après cette journée à être beaucoup assis, Boutchou s’entraine à la vie de bipède en attendant.
Après cette journée de repos bien méritée, nous sommes désormais sur la route du retour en mode accéléré. Notre objectif est de prendre le train de Ulm à Bâle, puis de pédaler jusqu’à Mulhouse dans la journée.
Si le petit déjeuner et le rangement se passent très bien, la suite est moins simple. Nous récupérons en effet notre tandem avec un pneu complètement à plat. On soupçonnait une fuite sur le pneu arrière, et elle est bien confirmée. Nous avons un petit moment de flottement : à pieds sans pédaler, nous n’arriverons pas à l’heure pour le train.
Par chance, on trouve un vendeur de vélo dans la rue d’à côté, ouvert. Nous gonflons donc vite le pneu et on pédale jusqu’à la gare, conscient que ça ne règle pas le soucis de la fuite.
À la gare, on est victime d’une petite blague allemande. Il y a une rampe à vélo qui permet de rejoindre de nombreux quais. Mais pas le nôtre, il est trop loin. Le personnel de la gare est venu spontanément nous demander s’ils pouvaient nous aider, mais la réponse était simple, il n’y pouvaient rien. Il fallait “juste” du coup faire comme en France, et porter le tandem dans les escaliers. Comme on était un peu juste sur les horaires avec notre histoire de pneu, c’était un peu sportif.
Il est pas beau notre Pino dans les trains allemands ?
Le trajet en train se passe sans histoire, les paysages sont très beau avec notamment le lac de Constance que nous longeons un certain temps. Trois heures après le départ de la gare d’Ulm, et après quelques alternances entre la Suisse et l’Allemagne, nous arrivons à Bâle.
Nous avons donc notre problème de pneu un peu crevé, et nous décidons donc d’essayer une bombe anti-crevaison que nous avions dans une sacoche. Ça projette à l’intérieur de la roue une sorte de caoutchouc réagissant à l’air, et bouchant ainsi tout seul la fuite. Nous étions sceptiques et prudents, mais le futur prouvera que ça a bien tenu. Nous alternons pousse du tandem et un peu de pédalage pour rejoindre le centre ville.
Nous cherchons à déjeuner, et Bâle est hors de prix (c’est cher un franc suisse !). On termine en terrasse d’un bon restaurant. Nos voisins sont du cru, enfin presque, ils viennent du demi-canton de Bâle-Campagne. Je ne sais plus comment ça a commencé, mais l’un d’entre eux était très bavard et préférait parler avec nous qu’avec son compagnon. Le suisse allemand, c’est presque compréhensible ! Presque. Même s’il n’en revenait pas de pouvoir communiquer avec un français (même pas alsacien !), il avait un accent assez inhabituel pour moi. En partant du restaurant, une propriétaire d’un Pino vient aussi discuter avec nous.
On a mangé en face sur une terrasse
Bâle n’était qu’une courte étape sur la route, et nous choisissons de ne pas nous attarder, Mulhouse n’étant pas vraiment à côté. On repasse à un marchand de vélo vérifier la pression du pneu arrière (encore un avec un compresseur laissé à l’extérieur, pratique), et nous passons tranquillement la frontière.
J’ai passé la frontière les pieds devant
Le trajet sur la partie française est joli, mais parfois un peu monotone. On suit les canaux. Ça va tout droit, en résumé. On est content de la qualité de la piste cyclable, au moins jusqu’à l’entrée dans Mulhouse qui est un peu plus compliquée.
Une fois au centre, nous appelons pour trouver un hôtel. Et pour la première fois (dommage pour la dernière nuit du voyage !), on tombe sur un os. Rien de libre. L’Office du tourisme n’a rien à nous proposer non plus. Nous appelons donc le camping, qui propose des petites huttes (nous n’avons pas la tente avec nous). Il est un peu en dehors de la ville, mais sur le chemin de la piste, c’est pas mal sur le papier. C’est moins bien avec la déviation, mais on y arrive. Sur place, il nous faut mentir à la question “vous avez des duvets ?”. On dormira avec les pulls, car on a rien de mieux.
La preuve de notre présence à Mulhouse !
Après installation, on laisse le tandem pour prendre le tramway et aller en ville. On se promène dans le centre, on mange des flammkuches modernes, et on rentre. On a pas eu froid la nuit, le rapport qualité/prix de la nuit était loin d’être mauvais. C’était en tout cas une journée bien remplie.
Le petit déjeuner n’est pas très consistant (une des rares fois où le nombre de pains et l’accompagnement étaient limité), et nous quittons donc assez rapidement notre hébergement du jour. Il ne restera pas dans les souvenirs comme étant un endroit à recommander. On commence par prendre quelques photos de la ville, que nous n’avions pas pu photographier la veille du fait de la pluie. Nous savions cependant que cette étape serait la plus longue du voyage du fait du retard pris la veille, alors on ne traîne pas trop.
La grande rue de DonauwörthLa porte d’entrée de la ville
Le début du trajet se fait sur de la petite route, avec très peu de voitures. C’est assez joli et nous avançons bien. On croise quelques pancartes de protestation, il semblerait que les autorités songent à déplacer une partie de la population pour faire une zone inondable quand le Danube monte trop. C’est en effet très plat, et très peu dense, probablement idéal donc pour ce genre de projets (quand on est pas habitant).
On arrive au château d’Höchstädt vers 10 heures en ayant déjà fait une trentaine de kilomètres (un tiers !). Comme on commence à avoir faim, le paquet de graines importé depuis la France et qui avait fait pas mal de chemin est enfin mis à contribution. La traversée de la ville est ensuite un peu compliquée car la route est coupée par des travaux. Mais on arrive à s’en sortir. Probablement un peu perturbés, on rate le premier raccourci que nous voulions prendre par rapport à l’itinéraire officiel ce qui nous rajoute 3 kilomètres par rapport à nos prévisions. Mais comme le chemin est sympa, on ne se plaindra pas !
Le château d’Höchstadt
Le chemin prévu tout comme le chemin pris convergent à Dillingen, une jolie petite ville que nous explorons un peu. Elle n’a pas été abîmée par la seconde guerre mondiale, et les beaux bâtiments sont très nombreux. La basilique Saint-Pierre notamment est très jolie, y compris à l’intérieur. Par contre, on ne trouve rien à manger à emporter. Ce n’est finalement pas très grave : comme il fait relativement froid, nous décidons de trouver un restaurant pour se mettre au chaud un peu plus tard sur la route.
La basilique Saint-Pierre, vue interne
Ce sera fait à Lauingen (rejointe par un raccourci que nous n’avons pas raté cette fois), dont on ne retiendra pas grand chose hormis le Rathaus. On mange dans un restaurant italien, qui nous permet de nous restaurer à notre faim et de nous réchauffer un peu. En terrasse, un groupe de « cyclistes » allemands carbure à la bière.
Le beau Rathaus. On a mangé à son pied, sur la gauche.
Durant l’après-midi, on fait moins de visites et on fait surtout du pédalage efficace. On avait choisi de rester sur la rive nord du Danube, très peu peuplée à cet endroit mais dont le trajet cyclable est beaucoup plus plat. Les collines que nous voyons depuis notre rive confirment que c’était une bonne idée ! Le plan était vraiment très peu engageant, surtout vu la durée de l’étape. De notre côté, ça roule bien, au vert et toujours avec la même température un peu fraîche. On traverse ensuite une forêt. Puis un peu de civilisation. Puis on arrive (enfin ?) dans la banlieue de Ulm. On cherche un café, sans grand succès jusqu’à Thalfingen, soit à 8 kilomètres de l’objectif environ.
On y reste un peu en buvant un chocolat chaud le temps de se synchroniser avec nos hôtes du soir. Nous dormons en effet pour la première fois non pas en pension, chambre d’hôte ou hôtel, mais chez une cousine de Juliette émigrée à Ulm. Une fois cette synchronisation effectuée (et nos petits pieds réchauffés, il faut bien l’avouer) nous terminons rapidement le trajet, en traversant notamment un grand parc juste avant Ulm. Très fréquenté, mais la séparation entre les chemins cyclables et les chemins piétons simplifie tout de même énormément la vie !
Le soir, nous sortons un peu nous promener et voir le quartier des pêcheurs d’Ulm, ainsi que la cathédrale (elle est tellement haute qu’on a l’impression qu’elle nous tombe dessus quand on la regarde). On ne traîne cependant pas trop, car on est quand même un peu crevé de ces 90 kilomètres, surtout après les journées précédentes qui n’étaient déjà pas de tout repos.
L’hôtel le plus penché du monde, il paraît. C’est en tout cas vraiment pas droit.
Le petit déjeuner de notre superbe hôtel Ibis budget est sans surprise, ce qui est une très bonne nouvelle. Nous avons tranquillement pu terminer de nous ré-hydrater après la dure journée de la veille. Le vélo est également toujours là, j’avais eu quelques craintes sur leur système d’attache le soir.
Il nous faut retraverser presque entièrement Regensburg, ce qui rajoute déjà quelques kilomètres. Le trajet est ensuite très calme jusqu’à Kelheim.
La piste un peu après Regensburg
On s’arrête dans cette ville pour manger. Il fait une température torride. Si le matin était couvert, il ne reste plus aucun nuage et le soleil tape fort. Ça tombe bien, on a désormais un trajet en bateau quasi-obligatoire, de quoi continuer à se faire bronzer.
Comme on a pas le bateau tout de suite, vu la température, et vu les kilomètres supplémentaires de Regensburg, nous décidons de ne pas aller jusqu’à Ingolstadt comme nous avions prévu mais de s’arrêter 10 kilomètres avant.
Le trajet en bateau est estival, mais permet de jolies vues. Tout d’abord sur le monument à la mémoire de la libération de la Bavière (quand ils ont viré Napoléon), puis sur les magnifiques falaises du coin (celles qui empêchent les vélos de passer). Le trajet se termine devant un monastère, objectif de 98% des touristes du navire. Nous, on continuera tout droit.
Au fond, le monument de la libération après NapoléonIl y avait des sacrées falaisesLe monastère, terminus.
Comme le Danube continue de longer quelques falaises ensuite, le chemin éloigne un peu de son lit et nous avons la première longue montée du voyage. Puis une seconde. On souffre un peu, mais on est monté. L’avantage c’est que ça redescend ensuite !
Le dernier tiers du trajet suit des digues, le plus souvent le long de petits cours d’eau affluents. C’est un peu monotone à force.
La chaleur est toujours très forte, et nous tombons à court d’eau 7 kilomètres avant Vohburg. Ça nous a fait du bien d’y arriver pour prendre une glace et recharger une gourde.
Plein de pompiers partout.La porte de la villeComme personne a trouvé, on retente dicrètement l'énigme d'hier. C'est quoi ?
On a profité dans cette petite ville de la fête des pompiers volontaires de Bavière qui y était organisé. Ils avaient sorti le grand jeu. On a bien discuté avec un type du coin, probablement membre du conseil municipal.
La fin de trajet reprend sur une digue, mais du vrai Danube cette fois. On voit de l’autre côté des centres industriels.
On arrive un peu tard à la pension, bien fourbus. Elle est grande comme un hôtel et compte une vingtaine de chambres. On attend l’orage sur la terrasse d’un restaurant grec, mais il ne vient pas. On se couchera dans un air très lourd.
Après le petit déjeuner et avoir réglé les formalités habituelles, nous commençons la journée par un passage à la poste. Nous envoyons vers la France un colis contenant nos affaires qui n’ont pas encore été une seule fois utile, et qui ne le serons donc jamais. Comme il y a pas mal de queue, on part un peu plus tard que prévu.
Le départ depuis Passau n’est pas très joli. Ça s’arrange quand on change de rive en passant sur un drôle de barrage.
Un barrage rouge, c’est pas banalDes passages sont très beaux, avec du chemin stabilisé (ce qui change un peu du bitume parfait, finalement). On longe le Danube et ses quelques îles protégées.
L’après-midi, nous passons devant un lac et décidons de tenter de faire un plouf. Juliette va vérifier la température de l’eau en plongeant pendant que je surveille courageusement le tandem. Après mon propre plongeon, je peux confirmer que la surface de l’eau était à la bonne température mais que ça refroidissait très vite.
Il fallait bien une personne pour tenir l’appareil photo. C’était moiAprès cette pause, un passage longe l’autoroute. On se rapproche de Deggendorf, sans s’y arrêter. La suite est très bien. Le guide signalait un passage sur route, mais en réalité une nouvelle piste permet de pédaler sur du stabilisé. On arrive à destination vers 16h15. Il a fait chaud. Un peu trop parfois.
On a longé ça ensuite. Photo prise en roulantLe soir, il n’y a rien à manger sur place. Le petit bar avec un barbecue fermait à 18 heures. Nous pédalons donc vers le village à côté, et dînons tranquillement là-bas. C’était un petit restaurant, servant également de bar du coin. Quelques habitués sont arrivés en vélo, ils avaient à peine le temps d’accrocher le vélo que leurs bières étaient déjà à les attendre sur la table. L’un d’entre eux est resté complètement bloqué à la vision du tandem, et cela lui redonnait un peu le sourire. Il s’est levé pour nous voir partir, tellement qu’il était interessé par le fonctionnement. Il n’avait probablement pas osé nous aborder.
Le petit déjeuner dans ce qui sera notre dernière chambre d’hôte autrichienne se passe très bien. Notre hôte est un peu bavarde (pour une autrichienne !). Une fois de plus, l’hébergement est juste à côté de la piste et nous pouvons partir très vite. Comme la vague de chaleur arrive, nous avions l’intention de faire un maximum de kilomètres le matin.
On est cependant rapidement arrêtés : nous le savions, la piste cyclable s’arrête devant une falaise et la seule solution pour aller plus loin est de prendre un petit ferry. Un poste radio est disposé à la fin de la piste, car le bateau ne vient qu’à la demande. Et encore ! Il nous a fallu attendre 20 minutes car nous étions les seules voyageurs et que c’était trop peu pour lui. Le système radio pour appeler le ferry
Le pino tient bien tout seul, mais on sait jamais
Du fait de ce ferry et du suivant à venir, la piste est très très calme. Les autres vélos utilisent surtout l’autre côté du fleuve.
Nous devons en effet prendre un autre ferry peu de temps après, pour la même raison. La route s’arrête. Hélas, le ferry habituel que nous avions prévus ne fonctionne pas encore. Il aurait permis de rester sur la même rive, là nous arrivons sur la rive sud. Cette fois, c'est une cloche !
Nous pédalons donc de nouveaux jusqu’au ferry suivant, afin de retourner sur la rive nord et reprendre le chemin qui semble si joli sur la carte (et qui l’était). Pour la petite histoire, on n’a pas eu besoin de l’appeler, mais pour celui là un marteau était disponible pour faire du bruit.
Nous nous arrêtons pour manger dans un radlertreff (un bistrot pour cyclistes), pour ce qui sera notre dernier repas en autriche. Nous passons en effet peu après la frontière et rentrons dans la grande bavière. C’est à cette occasion que nous trouvons un énorme trèfle.
La frontière. Pas de panneau d'entrée en Allemagne. Seulement en BavièreTrop gros pour l'emporter celui là
Quitter l’autriche, c’est quitter les meilleures pistes cyclables que nous connaissons pour le moment. Si l’ensemble du trajet entre la frontière et Passau était pas mal, le trajet allemand comporte déjà des portions très peu agréables. Notre hôte du soir (très très bavarde) nous confirmera que cette portion est un peu un scandale en comparaison de la partie autrichienne. Ils profitent de la réputation du trajet et du tourisme sans faire les efforts qui vont avec.
On a aussi croisé des vikings !
Une fois le logement trouvé et les bagages posés, nous partons à la découverte de passau, la ville aux trois rivières : le Danube, l’Inn, et l’Ilz. Elles se rejoignent toutes les trois à la pointe de la ville. L’Ilz ne compte pas pour beaucoup, mais l’Inn est aussi grand que le Danube et nous allons donc voir le Danube rétrécir fortement après Passau.
Nous décidons aussi de rester un autre jour à Passau, pour visiter la ville et faire un peu de logistique (une lessive devenait nécessaire).
Entrée à Passau, on voit deux fleuves sur cette photo
Nous partons un peu reposés grâce à notre journée de visite la veille. Comme la pension est vraiment le long de la piste cyclable, on ne perd vraiment pas de temps avant de repartir sur l’EV6.
Notre premier objectif est de rejoindre le réparateur de vélo à Pöchlarn, situé à une grosse douzaine de kilomètres. Entre temps, il faut toujours que le conducteur pense à contrôler quand ça frotte.
Le réparateur est complètement incompréhensible quand il parle, mais il nous comprend plutôt pas mal et tente une première fois de corriger le problème. Nous pensons que c’est bon (après quelques tests seul sur vélo). Malheureusement, des tests un peu plus durs à deux font réapparaître le problème.
Nous y retournons, et après un peu d’attente car il avait une cliente avec un rendez-vous (un peu bavarde d’ailleurs, et compréhensible), il démonte entièrement le frein. Il nettoie le tout, refait les réglages, et nous dit à la fin qu’il a fait son possible. Si ça continue ou s’aggrave, il nous conseille un revendeur à Grein, un peu en aval.
Nous repartons donc, et ça s’annonce bien ! Plus de bruits, même en freinant fort. Nous sommes très contents et pédalons très vite jusqu’au repas du midi. Je n’ai pas réussi à faire accepter au réparateur un peu d’argent pour le temps qu’il a passé dessus.
Après ça, rien de bien notable dans la journée. Il y a de très beaux paysages, j’ai failli perdre mes lunettes de soleil après une pause, et nous avons finalement pris quasiment aucune photo de cette journée. J’en met tout de même :
Le château de Wallsee
Il est à noter que Wallsee est une ville un peu bizarre, relativement étalée, avec beaucoup de maisons neuves construites par des architectes. La ville semble très riche. Notre chambre d’hôte était également assez particulière, nous dormions chez un vendeur de décorations de jardins (statues, nains de jardins, …). On a regardé deux fois avant d’être certain d’être au bon endroit.
Le matin commence avec une table commune pour tous les pensionnaires des chambres d’hôtes où nous dormions. Nous sommes arrivés les derniers, et c’était du coup un peu étrange de débarquer au milieu de leur conversation. Cela ne nous a pas coupé l’appétit.
Le soleil continue à être présent, et nous partons avec les quelques courbatures des jours précédents. La première curiosité du coin est une centrale nucléaire, qui n’a jamais été en service. Un référendum a voté contre sa mise en service, après sa construction. Ils utilisent désormais une partie du terrain avec des panneaux solaires (je doute de l’intéret, mais ça permet de donner une certaine classe à cette “ruine”).
Une centrale nucléaire, qui n'a jamais rien produitLe panneau "regardez on fait du solaire c'est trop cool"
Nous traversons ensuite le fleuve grâce à un barrage, autorisé uniquement aux vélos, et pas aux chevaux.
Le trajet est vraiment très beau. Nous traversons la région de la Wachau, avec de très jolis villages, des ruines de châteaux (et des vrais châteaux), des vignes, des petites collines sur le bord du fleuve, etc. Et toujours des églises avec beaucoup de dorures.
Un des nombreux village le long du Danube
Au niveau de la logistique, le frein arrière commence à faire vraiment du bruit, y compris quand on appuie pas dessus. C’est très embêtant. Ca rajoute du stress au conducteur, qui peut diminuer le phénomène en jouant un peu avec la poignée de temps en temps pour le recentrer. Ca n’a pas beaucoup d’influence a priori sur notre vitesse et notre fatigue musculaire, uniquement sur le moral. Le bruit s’aggrave hélas trop tard, les magasins de cycles ferment pour la plupart le samedi à midi.
Comme il y a un risque de pluie pour le soir, nous ne traînons pas trop (même si nous avions très envie de monter voir une des ruines de château).
Nous arrivons vers 16h30 à Melk, où notre piste devient un peu chaotique avec les portes ouvertes organisées par la caserne militaire juste à côté. Cela attire beaucoup de monde, mine de rien.
Nous avions choisi un petit hôtel juste à côté du Danube, le long de la piste cyclable. C’est juste à côté des nombreuses passerelles pour les navires du coin, la plupart des bateaux plein de touristes en croisière. Comme Melk est un haut point de tourisme, ils sont nombreux à s’arrêter.
Le soir, nous sortons un peu faire un tour après avoir mangé à l’hôtel. C’est très joli la nuit.
Le monastère de Melk, de nuit
Nous prenons la décision de ne pas aller plus loin le lendemain (le dimanche) et de rester deux nuits, afin de pouvoir mieux découvrir Melk et ce petit bout de la Wachau, mais aussi d’attendre que les réparateurs de vélo ouvrent lundi.