Après cette journée de repos bien méritée, nous sommes désormais sur la route du retour en mode accéléré. Notre objectif est de prendre le train de Ulm à Bâle, puis de pédaler jusqu’à Mulhouse dans la journée.
Si le petit déjeuner et le rangement se passent très bien, la suite est moins simple. Nous récupérons en effet notre tandem avec un pneu complètement à plat. On soupçonnait une fuite sur le pneu arrière, et elle est bien confirmée. Nous avons un petit moment de flottement : à pieds sans pédaler, nous n’arriverons pas à l’heure pour le train.
Par chance, on trouve un vendeur de vélo dans la rue d’à côté, ouvert. Nous gonflons donc vite le pneu et on pédale jusqu’à la gare, conscient que ça ne règle pas le soucis de la fuite.
À la gare, on est victime d’une petite blague allemande. Il y a une rampe à vélo qui permet de rejoindre de nombreux quais. Mais pas le nôtre, il est trop loin. Le personnel de la gare est venu spontanément nous demander s’ils pouvaient nous aider, mais la réponse était simple, il n’y pouvaient rien. Il fallait “juste” du coup faire comme en France, et porter le tandem dans les escaliers. Comme on était un peu juste sur les horaires avec notre histoire de pneu, c’était un peu sportif.

Le trajet en train se passe sans histoire, les paysages sont très beau avec notamment le lac de Constance que nous longeons un certain temps. Trois heures après le départ de la gare d’Ulm, et après quelques alternances entre la Suisse et l’Allemagne, nous arrivons à Bâle.
Nous avons donc notre problème de pneu un peu crevé, et nous décidons donc d’essayer une bombe anti-crevaison que nous avions dans une sacoche. Ça projette à l’intérieur de la roue une sorte de caoutchouc réagissant à l’air, et bouchant ainsi tout seul la fuite. Nous étions sceptiques et prudents, mais le futur prouvera que ça a bien tenu. Nous alternons pousse du tandem et un peu de pédalage pour rejoindre le centre ville.
Nous cherchons à déjeuner, et Bâle est hors de prix (c’est cher un franc suisse !). On termine en terrasse d’un bon restaurant. Nos voisins sont du cru, enfin presque, ils viennent du demi-canton de Bâle-Campagne. Je ne sais plus comment ça a commencé, mais l’un d’entre eux était très bavard et préférait parler avec nous qu’avec son compagnon. Le suisse allemand, c’est presque compréhensible ! Presque. Même s’il n’en revenait pas de pouvoir communiquer avec un français (même pas alsacien !), il avait un accent assez inhabituel pour moi. En partant du restaurant, une propriétaire d’un Pino vient aussi discuter avec nous.

Bâle n’était qu’une courte étape sur la route, et nous choisissons de ne pas nous attarder, Mulhouse n’étant pas vraiment à côté. On repasse à un marchand de vélo vérifier la pression du pneu arrière (encore un avec un compresseur laissé à l’extérieur, pratique), et nous passons tranquillement la frontière.

Le trajet sur la partie française est joli, mais parfois un peu monotone. On suit les canaux. Ça va tout droit, en résumé. On est content de la qualité de la piste cyclable, au moins jusqu’à l’entrée dans Mulhouse qui est un peu plus compliquée.
Une fois au centre, nous appelons pour trouver un hôtel. Et pour la première fois (dommage pour la dernière nuit du voyage !), on tombe sur un os. Rien de libre. L’Office du tourisme n’a rien à nous proposer non plus. Nous appelons donc le camping, qui propose des petites huttes (nous n’avons pas la tente avec nous). Il est un peu en dehors de la ville, mais sur le chemin de la piste, c’est pas mal sur le papier. C’est moins bien avec la déviation, mais on y arrive. Sur place, il nous faut mentir à la question “vous avez des duvets ?”. On dormira avec les pulls, car on a rien de mieux.

Après installation, on laisse le tandem pour prendre le tramway et aller en ville. On se promène dans le centre, on mange des flammkuches modernes, et on rentre. On a pas eu froid la nuit, le rapport qualité/prix de la nuit était loin d’être mauvais. C’était en tout cas une journée bien remplie.
Leave a Reply